© INTERNELes Etats-Unis ont durci le ton mercredi contre les Palestiniens après la mort de trois Américains à Gaza, George W. Bush estimant que les attentats terroristes représentent le plus grand obstacle à un Etat palestinien indépendant. "Les autorités palestiniennes auraient dû agir depuis longtemps pour combattre le terrorisme sous toutes ses formes", a affirmé le président américain. De son côté, le secrétaire d'Etat Colin Powell a déclaré au Premier ministre palestinien Ahmad Qorei qu'un Etat palestinien n'était pas possible si la violence continuait.
L'attentat s'est produit mercredi en milieu de matinée. Une bombe télécommandée de 75 kilos a été mise à feu près de la localité de Beit Hanoun, sur la route entre Gaza City et le poste-frontière d'Erez, au passage d'un convoi diplomatique américain, tuant sur le coup trois agents de la sécurité de l'ambassade américaine à Tel-Aviv. Un quatrième passager a été blessé et aussitôt évacué vers un hôpital de Beersheba, dans le centre d'Israël. Le convoi était composé de trois véhicules blindés GMC de l'ambassade américaine transportant des diplomates et des membres de la CIA, la centrale de renseignements américaine, précédé par une voiture de la police palestinienne. Les diplomates avaient mené à Gaza des entretiens avec des étudiants palestiniens postulant pour une bourse d'études américaine de la Fulbright Foundation.Revendication incertaine
Après que le Hamas et le Jihad islamique eurent démenti être à l'origine de l'attaque, un interlocuteur anonyme se réclamant des "Comités de la résistance populaire" a revendiqué l'attentat dans un appel à au bureau de l'AFP à Jérusalem. Ces groupes armés peu actifs sont formés de dissidents de divers groupes nationalistes ou islamistes, regroupés à l'occasion de l'avènement de l'Intifada des Mosquées, fin 2000. Une heure plus tard, un communiqué des mêmes "Comités" niaient toute implication, affirmant que leur "conflit est uniquement avec l'ennemi sioniste et nous ne voulons pas nous impliquer dans des affaires secondaires controversées"
Aussitôt après l'attentat, plusieurs tanks et véhicules blindés des Forces de défense israéliennes, appuyés par des hélicoptères, ont immédiatement fait mouvement vers le lieu de l'explosion pour sécuriser la zone et évacuer les blessés, les morts et les véhicules diplomatiques. Par ailleurs, alors que des responsables américains de la sécurité se trouvaient sur place, une poignée de personnes se sont mises à leur jeter des pierres, obligeant les policiers palestiniens encadrant les lieux de l'attentat à tirer en l'air pour les disperser.
Quelques heures après l'attentat, Washington a officiellement demandé aux Américains de quitter la bande de Gaza, en sollicitant l'aide d'Israël pour garantir leur évacuation. Dans l'après-midi, le secrétaire d'Etat américain Colin Powell a téléphoné au Premier ministre palestinien Ahmed Qoreï pour l'exhorter à mettre fin au terrorisme "par tous les moyens". D'autre part, l'administration américaine a annoncé qu'elle dépêchera sur place des enquêteurs du FBI pour remonter la trace des auteurs de l'attentat.
Condamnation palestinienne
L'Autorité palestinienne, par les voix de son président Yasser Arafat et d'Ahmed Qoreï, ainsi que du négociateur Saëb Erekat, a aussitôt "condamné l'attentat avec la plus grande fermeté" et diligenté une enquête sur cette attaque. Le chef de la diplomatie israélienne Sylvan Shalom, de son côté, a téléphoné à l'ambassadeur américain à Tel-Aviv pour lui présenter ses condoléances et lui dire que personne n'était à l'abri du terrorisme palestinien, que l'Autorité autonome ne ferait rien pour combattre. Il également publiquement accusé l'Autorité palestinienne de "protéger les organisations terroristes".
Il s'agit du premier attentat meurtrier dirigé contre des Américains en trois ans d'Intifada. Toutefois, Radio Israël rapporte qu'un engin piégé avait déjà explosé au passage d'un convoi américain l'année dernière, dans le même secteur, sans faire de dégâts.
Veto à une résolution du Groupe arabe |
Les Etats-Unis ont mis mardi soir leur veto au Conseil de sécurité de l'ONU à un projet de résolution condamnant la construction par Israël d'une "ligne de sécurité" en Cisjordanie. Ce projet, déposé par la Syrie au nom du Groupe arabe, a obtenu 10 voix sur les quinze membres du Conseil, une de plus que la majorité minimum requise. Mais il a été bloqué par le veto américain. Outre la condamnation du "mur", le projet de résolution réaffirmait l'opposition du Conseil de sécurité "à toutes les activités de colonisation dans les territoires occupés et toutes les activités impliquant la confiscation de terres et leur annexion de fait". |
Retour MYTF1
Chargement en cours...




