Michael Howard, l'homme de fer

Par AFP, le 30 octobre 2003 à 16h54 , mis à jour le 30 octobre 2003 à 17h13

Un ancien ministre de Margaret Thatcher et John Major s'est porté candidat au poste de chef du parti conservateur britannique, 24 heures après la démission de Iain Duncan Smith, désavoué par les députés "tories".

Photo : Paul BARKER (AFP) © INTERNE

Il s'est forgé une image d'homme à poigne ultraconservateur susceptible de séduire un parti déboussolé. Ancien ministre du gouvernement de Margaret Thatcher, Michael Howard, 62 ans, est donné favori pour succéder au "renié" Iain Duncan Smith à la tête du parti conservateur.

Né le 7 juillet 1941 au Pays de Galles de parents commerçants immigrés de Roumanie, Michael Howard est diplômé en droit de Cambridge, où il a acquis un sens aigu d'orateur.Marié à Sandra Paul depuis 1975, une ancienne mannequin fille d'un officier de la Royal Air Force, Michael Howard est juif pratiquant et père de deux enfants. Il cite les Etats-Unis dans la liste de ses centres d'intérêt et le football ainsi que le baseball comme ses sports favoris.

Il fait partie de ceux que la presse a surnommés "la mafia de Cambridge", au même titre que les anciens ministres "tories" Kenneth Clarke, Leon Brittan ou encore Norman Lamont, même s'il est entré au parlement en 1983, dix ans après la plupart de ses contemporains. S'il semble avoir mis de l'eau dans son vin ces dernières années, Michael Howard laisse dans les mémoires une image d'ultra-conservateur acquise lors de son passage dans le gouvernement de Margaret Thatcher, de 1987 à 1990.

Contre le salaire minimum

Il avait alors endossé la responsabilité de la très impopulaire et éphémère "poll tax", un impôt local qui revenait à frapper plus lourdement les familles nombreuses que les célibataires et entraîna la chute de popularité de la "Dame de fer".

Opposé au salaire minimum, sa réputation d'homme à la droite de la droite s'est encore renforcée lorsqu'il a pris le portefeuille de l'Intérieur du gouvernement de John Major, de 1993 à 1997. "La prison, ça marche" était alors son mot d'ordre. Il s'était attiré les foudres de la chambre des Lords et du ministère de la Justice pour une loi controversée et jugée plusieurs fois contraire à la législation européenne sur les droits de l'Homme.

Il n'avait pas hésité à renvoyer non seulement le directeur d'une prison dont trois détenus s'étaient évadés, mais aussi le directeur des services pénitentiaires. Des méthodes expéditives que la députée conservatrice Ann Widdecombe avait résumées par ce commentaire acerbe : Michael Howard "a quelque chose de méchant". Ces proches affirment pourtant qu'il n'a rien d'un comploteur. Lui-même s'est évertué à radoucir son image, mettant en sourdine ses positions autrefois tranchées contre la monnaie unique européenne ou les homosexuels.

Par AFP le 30 octobre 2003 à 16:54
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