© INTERNELes autorités russes ont donné l'ordre jeudi en fin d'après-midi de saisir une majorité de contrôle du pétrolier Ioukos. Le quatrième groupe pétrolier mondial est depuis plusieurs semaines la cible des attaques de la justice russe. Son PDG, Mikhaïl Khodorkovsky, a été arrêté samedi dans des conditions rocambolesques sous l'accusation d d'escroquerie et d'évasion fiscale à grande échelle.
L'agence de presse Interfax, qui révèle l'information, affirme que les enquêteurs du Parquet général ont ordonné à la banque Trast la saisie des actions Ioukis appartenant "de facto à Mikhaïl Khodorkovsky", représentant 61% du capital. Les détenteurs de cette majorité de contrôle "conserve les droits de vote et dividendes qui y sont attachés", selon l'agence russe.
"Violation grossière"
Un porte-parole du groupe pétrolier a confirmé l'information, tout en expliquant que les juristes de la compagnie considèraient qu'il s'agissait d'une "violation grossière du Code de procédure pénale et de la Constitution fédérale". Alexandre Chadrine a en outre démenti que les actions appartiennent à Mikhaïl Khodorkovsky. "Les actions concernées, a-t-il expliqué, appartiennent juridiquement aux actionnaires étrangers de Ioukos, Ioukos Universal Ltd. et Hully Enterprises, qui, c'est largement connu, appartiennent à un groupe entier d'actionnaires privés dont la majorité n'ont pas de lien avec M. Khodorkovsky."
Les titres de Ioukos ont chuté de plus de 10% à la Bourse de Moscou, à 10,8 dollars jeudi soir, après l'annonce de la saisie.
Vers une "redistribution"
Le Parquet général russe affirme que Mikhaïl Khodorkovsky et son principal associé Platon Lebedev, arrêté en juillet, ont causé un préjudice dépassant un milliard de dollars. Les poursuites contre Ioukos et son patron sont considérées comme inspirées en haut lieu par la majorité des analystes, qui évoquent la montée en puissance au sein du pouvoir russe du "clan" des anciens des services secrets amenés avec lui par le président Vladimir Poutine. La presse russe considérait jeudi matin comme imminente une "redistribution" des empires financiers et industriels constitués par des "oligarques" alors en bons rapports avec le Kremlin à la faveur des privatisations controversées des années 1990.
Volochine écarté |
Vladimir Poutine a accepté la démission du chef de l'administration présidentielle Alexandre Volochine, a annoncé un porte-parole du Kremlin jeudi soir. Volochine était en désaccord avec l'arrestation du patron du géant pétrolier Ioukos Mikhaïl Khodorkovski. Nommé à son poste en 1999 par le président Boris Eltsine, il était resté en place lors de l'élection en mars 2000 de Vladimir Poutine. Il représentait un soutien au Kremlin pour Mikhaïl Khodorkovski, face à un autre groupe d'influence constitué d'anciens membres des services secrets amenés avec lui par Vladimir Poutine et qui a inspiré l'attaque contre Ioukos
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