© INTERNEMalgré la réprobation internationale, le gouvernement d'Ariel Sharon a donné son feu vert mercredi à la deuxième phase de construction du "mur de sécurité" de Cisjordanie, en remettant toutefois à plus tard la question du secteur stratégique d'Ariel. Les mises en garde de l'administration Bush ont pesé d'un certain poids sur le Premier ministre israélien, qui a décidé en fin de compte de ne pas affronter, pour l'heure, son allié américain.
Le premier tronçon de la barrière contournant le nord de la Cisjordanie, depuis le sud-est de Jénine jusqu'au sud de Qalqiliya, a été achevé cet été. Il est censé empêcher les infiltrations de terroristes palestiniens en Israël. Le deuxième chantier doit joindre la localité d'Elkana à la base militaire d'Ofer, au nord de Jérusalem. Or, les Américains et la communauté internationale dans son ensemble avaient appelé Israël à ne pas englober les grandes colonies d'Ariel et de Kedounim, situées au cœur de la Cisjordanie, à l'intérieur des territoires protégés.
Ces deux villes se trouvent à des carrefours stratégiques, tant sur le plan géographique que politique. L'importance d'Ariel, notamment, est si grande pour Israël que les travaillistes ne renoncèrent jamais à l'inclure à l'intérieur des terres d'Israël, lors des négociations de Camp David et Taba, en 2000 et 2001.
Des clotûres provisoires et discontinues
Afin de ne pas provoquer davantage la colère, le gouvernement Sharon a donc décidé de ne pas joindre les "clotûres de sécurité" discontinues érigées autour de ces deux enclaves au mur principal, qui suit à quelques kilomètres à l'intérieur des terres de Cisjordanie le tracé de la "Ligne verte" d'avant le 4 juin 1967. La question de la jonction des deux portions a été renvoyée à plus tard, dans huit mois, lorsque l'approche des élections américaines pèseront davantage sur l'administration Bush.
Les Américains ont choisi de modérer leurs critiques. Dans un premier temps, Washington avait menacé Israël de déduire le coût de la construction d'une barrière qui ne suivrait pas le tracé des frontières israélo-jordaniennes de 1967 des garanties sur un prêt de 9 milliards de dollars déjà consenti. Jeudi, le porte-parole du département d'Etat s'est toutefois contenté de dire que la politique américaine "était depuis longtemps de s'opposer à toute activité de chacune des parties en Cisjordanie et à Gaza qui préjugerait des négociations finales sur un statut définitif".
Pour les Palestiniens, la cause est entendue. "Cette décision israélienne prolonge ce mur du racisme qui a usurpé plus de 60% de nos terres jusqu'à présent, s'est écrié le président palestinien Yasser Arafat devant la presse. Cela détruit et sabote le processus de paix." La France, de son côté, a annoncé qu'elle "se concertera sans tarder avec ses partenaires européens et les membres du Quartette pour examiner les conséquences qu'il convient de tirer".
Trois colonies vont s'agrandir |
Considérant que les Palestiniens ne remplissaient pas leurs engagement en matière de lutte contre le terrorisme, le gouvernement Sharon a décidé de ne pas geler la colonisation, tel qu'exigé par la "feuille de route". Le ministère de l'Habitat israélien a lancé jeudi un appel public d'offres pour la construction de plus de 500 nouveaux logements dans trois colonies urbaines de Cisjordanie. 530 de ces logements doivent être érigés dans l'implantation ultra orthodoxe de Beitar Elit près de Bethléem, 11 dans l'implantation de Maalé Adumim à l'est de Jérusalem et 24 autres à Ariel. Le mouvement anti-annexionniste israélien "La paix Maintenant" a dénoncé cette mesure, relevant qu'avec ces 565 nouveaux logements Israël aura lancé depuis le début de l'année des appels d'offres pour la construction de 1.300 logements permettant d'accueillir au moins 5.000 colons supplémentaires. |
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