© INTERNESelon l'édition de dimanche du Monde, l'Union européenne dispose d'un rapport sur l'antisémitisme en Europe, commandé en 2002 par un observatoire dépendant d'elle (1) , mais que les commanditaires se refuseraient à publier en l'état. Selon Jelane Wentzel, une des auteurs de cette étude interrogée par le quotidien français, cette réticence à dévoiler les résultats s'expliquerait par le fait que les membres de l'observatoire "ont dû être gênés que [le] travail désigne comme auteurs d'actes antisémites des gens souvent victimes eux-mêmes du racisme".
Rédigé par deux chercheurs du Centre d'études sur l'antisémitisme de l'université technique de Berlin, le rapport de 112 pages montrerait d'abord "clairement" selon la préface de la directrice de l'observatoire, "un accroissement des manifestations antisémites depuis l'escalade des affrontements au Moyen-Orient, en 2000, avec un pic au début du printemps 2002". Son intérêt résiderait surtout, d'après Le Monde, "dans la description et l'analyse d'un phénomène où s'entremêlent de nouveaux acteurs, de nouveaux moyens et de nouveaux enjeux".
"De jeunes musulmans"
Cette fois, "ce ne sont pas les partis et les groupes d'extrême droite qui ont joué un rôle décisif", écrivent les chercheurs qui insistent sur la coïncidence étroite entre le nombre des incidents antisémites relevés et le calendrier du conflit israélo-palestinien.
D'après les auteurs, les manifestations propalestiniennes organisées dans plusieurs pays européens, dont la France, sans être "intrinsèquement antisémites" ont laissé fleurir "des banderoles et des slogans" ayant ce caractère et, parfois "se sont terminées par des agressions contre des juifs ou des institutions juives" qui furent quelquefois le fait "de jeunes musulmans".Mauvaise qualité
Le rapport désigne aussi l'extrême gauche dont "la critique d'Israël est articulée sur des stéréotypes produisant souvent une combinaison d'idées antisionistes et antiaméricaines constitutifs importants dans l'émergence d'une ambiance antisémite en Europe". Les auteurs citent également plusieurs exemples où Internet et la presse, même de qualité, sont accusés de favoriser la propagation des idées antisémites.
Mais, d'autres raisons que le politiquement correct sont avancées pour expliquer la non publication de cette étude. Interrogée par Le Monde, la directrice de l'observatoire, Beate Winkler, a invoqué la qualité du travail et la période (mai-juin 2002) trop restreinte. "Les données étaient insuffisantes", a-t-elle déclaré précisant qu'un nouveau rapport couvrant les années 2002 et 2003, et écrit par des membres du conseil d'administration de l'Observatoire serait rendu public dans les premiers mois de 2004.
(1) L'European Monitoring Centre on Racism and Xenophobia, installé à Vienne et dépendant directement de Bruxelles.
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