Serbie : réformateurs contre ultra-nationalistes

Par AFP, le 16 novembre 2003 à 00h00 , mis à jour le 16 novembre 2003 à 18h35

Pour la troisième fois en un peu plus d'un an, les Serbes sont appelés aux urnes pour désigner leur président. Comme les deux précédents, le scrutin est menacé par une abstention record.

Photo : Dimitar DILKOFF (AFP) © INTERNE

L'élection présidentielle de ce dimanche en Serbie oppose essentiellement le camp des réformateurs, au pouvoir depuis trois ans, à celui des ultra-nationalistes. Dragoljub Micunovic (photo), un professeur d'université de 73 ans, est le candidat de la coalition réformatrice, la DOS, qui a fait tomber le régime de Slobodan Milosevic en octobre 2000 et tente depuis lors de maintenir la Serbie à flot et de la rapprocher de l'Europe.

Tomislav Nikolic, 49 ans, vice-premier ministre durant l'ère Milosevic, représente l'ultra-nationaliste Parti radical (SRS), dont le leader charismatique et ancien chef de milice Vojislav Seselj attend depuis février de comparaitre devant le Tribunal pénal international de La Haye pour crimes de guerre. Parmi les quatre autres candidats, seul Velimir Ilic est connu du grand public. Maire de la ville de Cacak, à 160 kilomètres au sud de Belgrade, il a joué un rôle prépondérant dans les émeutes d'octobre 2000 ayant provoqué la chute de Milosevic.

Même si, selon les derniers sondages, Micunovic apparaît nettement plus populaire que son principal rival ultra-nationaliste (51% contre 21% des suffrages) et est le grand favori de l'élection, il n'est nullement sûr d'accéder dimanche soir à la présidence de Serbie. Toujours selon les sondages, le prochain scrutin présidentiel, le troisième depuis octobre 2002, risque d'être boudé, comme les deux précédents, par un électorat fatigué par les espérances déçues et d'incessants scandales impliquant de hauts dirigeants.

L'occasion de stabiliser le pays

Le succès de cette élection poserait pourtant un jalon important dans le processus de stabilisation des institutions en Serbie. En effet, le pays ne dispose que d'un président par intérim depuis décembre 2002, d'un gouvernement fragilisé par l'assassinat du Premier ministre Zoran Djindjic, le 12 mars, et d'un parlement où le rapport des forces est susceptible de changer d'heure en heure tant les querelles y sont la norme.

Les quelque 6,5 millions d'électeurs ont pour la première fois l'occasion d'élire un candidat qui, depuis qu'il est entré dans la politique au début des années 60, mène toujours le même combat, celui de la démocratie. Ce professeur de philosophie apparaît comme l'un des rares hommes politiques capables de ramener le calme au sein de la coalition au pouvoir.

Face à ses propos modérés, le candidat radical Nikolic s'efforce d'obtenir le soutien de plusieurs partis d'opposition qui ont décidé de boycotter le scrutin, dont le Parti démocratique de Serbie (DSS) de l'ancien président yougoslave Vojislav Kostunica. "Si je suis élu président, plus aucun Serbe ne sera transféré à La Haye, a promis Nikolic, qui termine ses meetings sur un fracassant "Vive la Grande Serbie", le mot d'ordre du parti de son mentor Seselj.

Photo : Dragoljub Micunovic durant un meeting électoral,
le 12 novembre 2003 (Dimitar DILKOFF - AFP)

Par AFP le 16 novembre 2003 à 00:00
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