Avec un jihadiste d'Al-Qaïda en Irak

Par Léonard VINCENT, le 08 janvier 2004 à 16h29 , mis à jour le 08 janvier 2004 à 18h39

Un reporter du quotidien algérien "Liberté" est rentré en contact avec un Irakien se réclamant d'Al-Qaïda. Celui-ci lui a raconté les activités de sa cellule qui opère dans le "triangle sunnite" autour de Falloujah.

algerie irak couverture de liberte sur un combattant al-qaida © INTERNE

"Je sais manipuler des explosifs et faire sauter des engins à distance. Ce sont les Syriens qui nous ont entraînés. Ce sont eux également qui nous financent. Leur argent provient d'Al-Qaïda." Il s'appelle Saïd, il a 22 ans. Rencontré dans la ville de Ramadi par l'envoyé spécial du quotidien algérien Liberté, Mustapha Benfodil, ce jeune irakien vivant d'expédients "est spécialisé dans les lance-roquettes, dit-il, particulièrement le RPG7 et le mortier, arme fatale des commandos qui sèment la terreur à Bagdad".

Le jeune homme à la "petite barbichette à ras du menton" s'occupe de l'achat d'armement, mais aussi de la diffusion du matériel de propagande, notamment un DVD rassemblant, dans un maëlstrom mystico-guerrier, des images du 11 septembre, des images de télévision et des films amateurs des opérations commandos. Tout cela sous l'égide de "l'émir planétaire" Oussama Ben Laden, dont il se réclame. D'ailleurs, affirme-t-il, "nous sommes une cellule d'Al-Qaïda. Nous avons déjà reçu un message d'Oussama Ben Laden en personne".

Au-delà de la lutte nationaliste

Dans un long reportage, le reporter du quotidien démocrate algérien raconte comment Saïd se démène pour être un bon combattant jihadiste au sein d'une groupusculaire "Djeïch Ansar Assunna" (Armée des partisans de la sunna). Sans que l'on puisse faire réellement la différence entre la vantardise et la réalité, entre ses désirs et ses faits d'armes, Mustapha Benfodil laisse parler Saïd, qui détaille la structure de ces combattants de l'ombre qui harcèlent quotidiennement non seulement les forces armées occidentales, mais également tous les "impies", dépassant largement le cadre de la lutte nationaliste.

D'ailleurs, "dans [ma] cellule, nous sommes seulement cinq Irakiens, raconte encore Saïd. Les sept autres sont des Syriens", avant d'annoncer que "15 combattants d'Al-Qaïda vont [les] rejoindre", ainsi que 15 "combattants" syriens "bien entraînés", avec "des fonds" et "des armes redoutables", profitant de ce que "les frontières sont faciles à traverser en ce moment". Le journaliste Mustapha Benfodil note à cette occasion que la police irakienne avait récemment saisi 100.000 dollars en provenance du Pakistan.

Le petit groupe de Saïd, opérant dans les campagnes de Ramadi, Falloujah et Haçiba, a un ennemi : l'Amérique. "Pour moi, les Américains sont une armée d'occupation et le djihad est obligatoire contre ces impies", résume le jeune Irakien plein d'enthousiasme. Son mode opératoire est aléatoire, attaquant à la roquette ou au mortier au hasard des informations collectées par le réseau, sans coordination réelle avec les autres cellules actives dans le "triangle sunnite".

Chute d'un Blackhawk

Un hélicoptère américain Blackhawk avec à son bord neuf personnes s'est écrasé jeudi près de Falloujah, à l'ouest de Bagdad, lors d'un "atterrissage forcé", tuant tous ses occupants. Le Blackhawk effectuait une mission d'évacuation médicale lorsqu'il s'est écrasé à 14 heures 22 locales, selon l'armée américaine. Un correspondant de l'AFP a vu les débris fumants de l'hélicoptère dans un champ près du village d'Al-Nouaïmiya, à 5 kilomètres au sud-est de Falloujah. D'autre part, un avion cargo militaire américain de type C-5, qui avait dû faire un atterrissage d'urgence jeudi peu après son décollage de Bagdad avec 63 personnes, a été apparemment touché par un missile sol-air, a reconnu un responsable du Pentagone.

Par Léonard VINCENT le 08 janvier 2004 à 16:29
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