© INTERNEL'annonce du décès de Marco Pantani, foudroyé par les accusations de dopage et la dépression, a provoqué des réactions attristées dans les mondes sportif et politique, les mots de "tragédie" et de "drame" revenant dans la bouche du champion Mario Cipollini ou du dernier directeur sportif de Pantani, Silvio Martinelli. Jean-Marie Leblanc, directeur du Tour de France, a estimé pour sa part que Pantani était "sans doute le dernier grand grimpeur que l'on ait connu dans le Tour de France, dans le Tour d'Italie, dans le cyclisme".
L'ancien vainqueur du Tour de France et du Giro avait pris pension depuis plusieurs jours à l'hôtel "Les roses" à Rimini, sur la côte adriatique, où il était descendu seul et où le personnel de l'établissement l'avait trouvé "bizarre et absent". Selon l'agence ANSA, le champion a été retrouvé vêtu d'un jeans, torse nu, à terre près de son lit.
Plusieurs boîtes d'anxiolytiques, dont certaines vides, ont été retrouvées près du corps. Le légiste conclut pour l'instant à un arrêt cardiaque, dont l'origine est encore indéterminée. Alors que l'hypothèse d'un suicide du champion, en dépression depuis plusieurs mois, était évoquée par certains commentateurs, le procureur de Rimini a fermement réfuté cette thèse. Pantani a laissé des écrits, "mais il s'agit de réflexions à caractère privé sur le sport qu'il pratiquait", a-t-il ajouté, laissant entendre que rien dans ces textes ne permettait de conclure à un suicide.
"Aucune trace de stupéfiants n'a été trouvée", a également précisé le magistrat, écartant donc l'hypothèse d'une surdose de drogue. Il a ajouté qu'il attendait le résultat de l'autopsie prévue, en principe lundi en fin de matinée, pour avoir les éléments pouvant aider à reconstruire les dernières heures avant la mort.
Blanchi par deux fois
Le "Pirate", comme il était surnommé en raison de son look, avait été acquitté en octobre par le tribunal de Tione près de Trente de l'accusation de fraude sportive pour une affaire de dopage dans le Tour d'Italie 1999. Le grimpeur avait disputé sa dernière course, le Tour d'Italie, en juin dernier et il avait fini 14e. Depuis il cachait son mal-être dans une clinique spécialisée dans le traitement des maladies nerveuses et les phénomènes dépressifs.
En 2001, dans le Giro, il fut de nouveau soupçonné de dopage après la découverte par la police de seringues douteuses dans sa chambre d'hôtel. Condamné à huit mois de suspension, il avait finalement été acquitté. "Il a tout payé trop cher, a souligné l'ancien champion cycliste italien Felice Gimondi. Pendant quatre ans il a été dans l'oeil du cyclone après avoir été le numéro un".
(Image LCI : la "Une" de la Gazetta dello sport)
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