© INTERNEAfin de s'éviter une querelle avec l'Eglise catholique, le turbulent "carnavalesco" de l'école de samba Academicos de Grande Rio a accepté de couvrir les sculptures allégoriques du défilé de l'année 2004, qui représentaient deux gigantesques Adam et Eve en train de faire l'amour pour l'une, et diverses positions du Kama Sutra pour l'autre. Il faut dire que le thème choisi par l'école de la "Zona norte" avait de quoi attirer les foudres : "Mettons le préservatif, mon amour !"
Après les protestations de l'Eglise et les plaidoiries de deux procureurs, le Tribunal de l'Enfance et de la Jeunesse de Duque de Caxias, la banlieue nord où se trouve Grande Rio, en avait de toutes façons décidé ainsi. Furieux mais obéissant, le grand metteur en scène de l'école, Joãsinho Trinta
(photo ci-dessus), a accédé à l'injonction de la cour, mais n'a pas fait savoir de quelle manière il entendait couvrir ses œuvres. Pour le savoir, il faudra donc attendre le passage de Grande Rio dans le creuset du "Sambodrome", où vibreront dans les nuits de samedi et de dimanche 100.000 spectateurs.Mangueira et Imperatriz en embuscade
Ce sera l'une des nombreuses surprises que réserve le carnaval de Rio de Janeiro 2004, où la prestigieuse école de Beija Flor remet son titre en jeu, face à quelques prétendants échaudés par les bonnes places régulières de l'école de Nilopolis. L'année dernière, dans une ville chauffée à blanc et couverte d'autocollants saluant la victoire du nouveau président Lula, Beija Flor avait remporté une belle victoire sous le thème de la lutte des Brésiliens contre les oppressions colonialistes ou impérialistes, sous la haute et débonaire autorité d'une grande statue animée de l'ancien syndicaliste devenu chef d'Etat.
Son éternelle rivale, Estação Primeira de Mangueira, victorieuse en 2002, était arrivée deuxième pour une maigre poignée de points et se présente cette année, sous ses éternelles couleurs rose et vert, avec une ode émouvante au cycle de l'or dans l'Etat du Minas Gerais. Quant à Imperatriz Leopoldinense, quasiment invicible dans les années 90 mais malchanceuse depuis 2001, elle aura à cœur de reconquérir le cœur des "sambistas" avec un défilé et une samba "Rouges Brésil" nommée "Breazail".
Du reste, tout compte, aux yeux du jury sous lequel défileront les 14 écoles cariocas. Percussions, samba, harmonie, évolution, synchronisme, allégories, fantaisie, thème, etc. : une dizaine de critères plus ou moins mystérieux préside à l'appréciation des impénétrables jurés qui désigneront le "Champion du carnaval", tandis que les fêtes et bals populaires secoueront la ville pendant près d'une semaine.
Photo : Joãsinho Trinta pose devant les chars censurés devant les ateliers de Grande Rio (Vanderlei ALMEIDA - AFP)
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