Gerhard Schröder lors d'un discours en février 2004 © LCIQuand vous êtes membre du Parti social-démocrate (SPD), la gauche allemande, et que vos propres amis vous affublent du surnom de "camarade des patrons", cela détone. Quand vous en êtes le président, comme Gerhard Schröder, cela fait carrément tache. Ces derniers mois, le surnom s'était même mué peu à peu en accusation, sinon en condamnation.
Vendredi, Gerhard Schröder a annoncé qu'il désirait cesser le grand écart entre ses fonctions de chef du SPD et celles de chancelier. Poussé à mener une politique de rigueur pour redresser les finances chancelantes de l'Etat et assurer la refonte de l'Etat-providence à l'allemande, Schröder a annoncé vendredi qu'il souhaitait démissionner de la présidence du parti pour se "concentrer sur [son] travail de chef de gouvernement". Il proposera son lieutenant, Franz Müntefering, pour occuper le poste vacant (ci-dessous).
Année électorale
Réforme de la Sécu, baisses d'impôts peu efficaces, moindre indemnisation voire exclusion de chômeurs, le pragmatisme économique de Schröder au gouvernement – son libéralisme, diront certains – alimente la contestation au sein du SPD, dont les effectifs subissent une érosion constante. Le dernier sondage crédite les sociaux-démocrates de seulement 24% d'intentions de vote, contre 50% pour l'opposition conservatrice chrétienne-démocrate. Et 2004 est une année électorale importante avec notamment cinq scrutins régionaux et huit scrutins municipaux.
Hésitant, tiraillé, Schröder avait fait mine ces derniers temps de mettre un frein à sa ferveur réformatrice, annonçant même la semaine dernière "la fin des réformes douloureuses" et bloquant un projet de refinancement de l'assurance - dépendance. Libéré de ses scrupules de chef de parti, le chancelier va-t-il reprendre de plus belle sa politique de rigueur ? Ses partenaires au gouvernement, Les Verts, le souhaitent.
Franz, le nettoyeur |
"C'est le plus beau poste après le Pape". Visiblement surpris par la nouvelle, Franz Müntefering, qui devrait succéder à Gerhard Schröder à la tête du Parti social-démocrate, n'en a pas perdu son humour. A 64 ans, le fidèle "général" du chancelier n'en a pas moins une réputation d'homme de poigne. C'est à lui que Schröder a demandé en 2002 de mater sa courte majorité au Bundestag, la chambre basse du parlement, et surtout, en tant que secrétaire général, de remettre de l'ordre dans la maison SPD quatre ans auparavant.
(Image LCI : Gerhard Schröder annonçant sa démission)
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