© INTERNEFidèle à sa réputation de "bulldozer" politique, Ariel Sharon avance envers et contre tout. Pris dans la tourmente d'une affaire de corruption où il pourrait prochainement être inculpé, le Premier ministre israélien continue de gérer au jour le jour son "plan de séparation" avec les Palestiniens.
Au cours d'un briefing à huis clos devant la commission des Affaires étrangères et de la Défense du parlement lundi matin, il a précisé ses projets immédiats, indiquant qu'il entendait faire valider son plan par les Américains, avant de le faire entériner par son gouvernement puis les députés. Quitte à devoir changer de gouvernement, si ses ministres n'approuvaient pas ce qui lui apparaît comme une nécessité vitale pour Israël.
Ariel Sharon se rendra à Washington le 14 avril prochain pour présenter le plan au président américain George W. Bush. Selon le député travailliste Benyamin Ben Eliezer, présent au briefing de lundi matin, "il entend présenter son programme à son cabinet pour approbation" dès son retour. "S'il était approuvé, a continué Ben Eliezer, il le porterait immédiatement devant la Knesset." Cet agenda a été assorti d'une mise en garde, a expliqué l'ancien ministre travailliste : si le gouvernement refusait d'approuver le plan de retrait de la bande de Gaza, Sharon entendrait former "le même jour" une nouvelle coalition gouvernementale, probablement avec la gauche travailliste. "Il est hors de question d'aller vers des élections", aurait affirmé le Premier ministre, cité par l'un de ses porte-parole.
Sortir de l'impasse
En plus d'avoir provoqué la colère des religieux et des colons, le "plan de séparation" a en effet mis Ariel Sharon en difficulté au sein de son propre parti. Comme beaucoup de cadres du Likoud, le chef de la diplomatie Silvan Shalom, notamment, s'est publiquement opposé au "plan de séparation", poussant Ehud Olmert, un fidèle du Premier ministre, à évoquer sa position au sein du gouvernement comme une "difficulté".
Quoi qu'il en soit, l'idée d'Ariel Sharon semble être de mettre en œuvre au plus tôt — et quel qu'en soit le prix — une initiative unilatérale, permettant de sortir le conflit avec les Palestiniens de l'impasse actuelle. D'autant que le Premier ministre, contesté au Likoud pour sa politique envers l'Autorité autonome mêlant force militaire et redistribution stratégique, est aussi mis en difficulté par l'affaire de "l'île grecque"
(Lire nos articles liés ci-dessus). De nombreux députés de gauche, ainsi qu'une bonne partie de la presse, appellent le Premier ministre à la démission en cas d'inculpation. Les ministres du centre laïque Shinouï ont averti qu'ils rejoindraient l'opposition.Au sein du Likoud, qui se réunit en congrès mardi soir, ces remous ouvrent des portes à Benyamin Netanyahou, qui apparaît à une tendance "dure" du Likoud comme l'alternative à la politique actuelle. Mais comme l'affirmait lundi le quotidien à grand tirage Ma'ariv, "Ariel Sharon est aujourd'hui dans un champ de bataille, une situation dans laquelle il excelle. Il est loin de jeter l'éponge."
Sharon veut un vote du Likoud sur un référendum |
Le Premier ministre israélien Ariel Sharon veut faire voter mardi soir les membres de la convention du Likoud sur le principe d'un futur référendum au sein du parti de droite sur son plan de séparation d'avec les Palestiniens, a indiqué Radio Israël. Ariel Sharon a demandé au ministre de l'Agriculture Israël Katz, qui préside la convention, d'organiser un vote en ce sens par la convention du Likoud à Tel-Aviv, car il est convaincu d'obtenir la majorité dans cette instance. De même source, M. Katz a accepté cette idée et le référendum devrait être organisé, en cas d'approbation, après les entretiens du 14 avril avec George W. Bush. Interrogé par l'AFP, un proche du Premier ministre n'a pas été en mesure de confirmer ces informations. |
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