© INTERNEVendredi dernier, un incendie s'est déclaré sur le Superferry 14 reliant Manille et la ville de Bacolod, aux Philippines, poussant les 900 passagers et membres d'équipage à quitter son bord dans la panique. Près d'une semaine plus tard, 130 personnes sont encore portées disparues. Pour l'heure, seuls quatre corps ont été retrouvés dans l'épave. Les secours n'ont pour l'instant retrouvé trace des autres disparus, espérant qu'ils aient pu être repêchés par des bateaux de pêche sans juger nécessaire, par la suite, de donner signe de vie.
Dans un pays où les accidents maritimes dus à la surcharge sont fréquents, rien n'aurait fait de ce tragique naufrage un événement exceptionnel, si le groupe terroriste musulman Abu Sayyaf n'en clamait haut et fort la responsabilité.
Arrières-pensées de propagande
Dimanche, Khadafi Janjalani, le chef des guérilleros islamistes actifs dans le sud de l'archipel, a revendiqué la responsabilité de l'incendie, indiquant qu'il était l'œuvre d'Arnulfo Alvarado, l'un de ses membres dont le nom de guerre était "Abou Mouadz". Or, après l'avoir nié dans un premier temps, les gardes-côtés philippins ont admis qu'un certain Arnulfo Alvarado figurait bien sur la liste des passagers. Sur les ondes d'une radio locale de l'île de Mindanao, un porte-parole d'Abu Sayyaf a indiqué de son côté que l'attaque avait été perpétrée en guise de protestation contre les mauvais traitements dont seraient victimes les femmes musulmanes.
La présidente Gloria Arroyo, en campagne électorale, a rétorqué lundi que "à ce stade, rien dans l'enquête ne montre qu'il s'agit d'un acte terroriste", estimant que la revendication était soit "l'œuvre de plaisantins", soit celle de "terroristes, mais uniquement avec l'arrière-pensée de faire de la propagande".
Quoi qu'il en soit, les enquêteurs ont exclu à ce stade la thèse de l'accident, après que la plupart des survivants eurent fait état d'une puissante explosion avant l'incendie. Selon le Philippine Daily Enquirer, le consortium WG&A, propriétaire du ferry, avait reçu des menaces et la police maritime privilégierait la thèse du sabotage.
Photo : Le Superferry en feu, vendredi dernier (AFP)
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