"Halte à la violence contre les femmes"

Par Karin DANJAUME, le 05 mars 2004 à 10h32 , mis à jour le 05 mars 2004 à 10h40

La lutte contre les violences faites aux femmes devient une priorité pour Amnesty international. L'ONG a décidé de s'engager pour cette cause et lance aujourd'hui une campagne de sensibilisation sur ce thème. Un chantier gigantesque, mais porteur d'espoir.

amnesty international logo campagne violence contre les femmes © INTERNE

Amnesty international lance aujourd'hui une grande campagne de sensibilisation aux violences faites aux femmes. La plus importante jamais mise en place jusqu'ici. Affichage, spots de télévision, colloques, témoignages… l'événement mérite d'être salué. D'abord parce qu'il s'installe dans la durée — deux années — et qu'il est mondial. Ensuite parce qu'Amnesty a décidé de s'associer à des organisations féminines présentes sur le terrain. Et enfin parce que, pour la première fois, on va parler de violences sans faire de distinction entre celles commises dans le huis clos des chambres à coucher et celles perpétrées sur les champs de bataille. Et pour cause, ces exactions naissent toutes dans le même creuset : celui de la discrimination, du poids des coutumes et des traditions, de la pauvreté et de l'ignorance.

Lutter contre l'indifférence et l'hypocrisie

Après des années de minimisation voire d'ignorance du problème, la lutte contre ces violences devient donc une priorité. Et il est plus que temps d'agir afin de briser la loi du silence. Amnesty ne cherche pas à obtenir une nouvelle convention ou une nouvelle loi protégeant les femmes. L'armada de textes existants au niveau international est suffisant, ce qu'il faut maintenant, c'est que le maximum d'Etats les ratifient et les appliquent.

Plus que tout, il faut lutter contre l'indifférence et l'hypocrisie : cesser d'excuser ces violences en prétendant qu'elles sont normales dans certaines situations, cesser de ne pas vouloir entendre lorsqu'une femme ose se plaindre et lui donner la possibilité de dénoncer ses agresseurs.

Il est nécessaire de changer les mentalités. Voilà pourquoi, plutôt que de parler de "droits des femmes", Amnesty a décidé de parler de "droits humains". Parce que les violences sont une atteinte aux droits fondamentaux de chaque être. Et "pour que la Déclaration universelle des droits de l'Homme devienne aussi une réalité pour toutes les femmes".

Une Française sur 10

  • En France, une femme sur 10, vivant en couple, entre 20 et 60 ans a subi des violences dans l'année. Trois femmes meurent tous les 15 jours du fait de violences masculines.
  • Dans le monde, au moins une femme sur 3 a été battue, forcée à des relations sexuelles ou violentée d'une manière ou d'une autre à un moment de sa vie.
  • Selon l'Organisation Mondiale de la Santé, 70 % des femmes victimes d'un homicide sont tuées par leur partenaire masculin.
  • Toujours selon l'OMS, deux millions de jeunes filles sont victimes chaque année de mutilations génitales.
  • En Afrique, on estime qu'environ 5000 femmes ont été violées dans une des provinces de la République Démocratique du Congo entre octobre 2002 et février 2003 soit en moyenne 40 viols par jour.
  • Les jeunes filles de 15 à 19 ans vivant en Afrique subsaharienne courent six fois plus de risques d'être séropositives que les garçons.

Sources : Amnesty international

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Par Karin DANJAUME le 05 mars 2004 à 10:32
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