© INTERNEL’opposition vénézuélienne poursuit ses efforts pour obtenir la révocation d’Hugo Chavez. Après une semaine marquée par les violences, la Coordination démocratique (CD), qui regroupe une cinquantaine de partis, de mouvements patronaux et syndicaux et d'associations, a demandé une nouvelle fois à ses partisans de se mobiliser ce samedi à Caracas. Au cours des derniers jours, selon le bilan officiel, les manifestations ont fait huit morts ; dernière en date, une dirigeante locale de l'opposition a été tuée jeudi dans l'ouest du pays lors d'affrontements. Le quartier de Chacao, bastion antichaviste de la capitale vénézuélienne, est étroitement surveillé par les forces de l’ordre ; mercredi soir, les rues y avaient été bloquées par des barricades. Vendredi, le port et l'usage d'armes à feu par la population civile ont été interdits pour une période de neuf jours.
Dénonçant une vague de répression, des détentions arbitraires et des cas de tortures de manifestants interpellés par les forces de l'ordre, l'opposition compte également sur une réaction internationale, qui fragiliserait le gouvernement de Hugo Chavez. Dans ce contexte, les dirigeants de l'opposition, ainsi que les médias privés opposés au pouvoir, ne cessent d'évoquer la démission de l'ambassadeur du Venezuela auprès des Nations Unies, Milos Alcalay, qui a dénoncé en particulier la répression des manifestations.
600.000 signatures manquantes
Le pouvoir de son côté évoque une campagne de désinformation, le vice-président José Vicente Rangel affirmant que l'opposition "prétend masquer ses agressions contre les citoyens, la propriété privée et publique, en accusant le gouvernement". Chavez, qui a déjà résisté aux énormes manifestations organisée par l'opposition en 2002, à une tentative de coup d'Etat en avril de la même année, puis à une grève générale de 62 jours, accuse les Etats-Unis : il a de nouveau affirmé vendredi que la "conspiration" visant à le chasser du pouvoir est financée par Georges W. Bush, et a appelé la communauté internationale "à se prononcer sur ce sujet".
Les discussions se poursuivent cependant pour tenter de trouver une "sortie pacifique, constitutionnelle, démocratique et électorale" à la crise, selon les terme employés par Humberto Calderon, l'un des dirigeants de l'opposition, ex-ministre de l'Energie. D’après le Centre national électoral (CNE), il manque 600.000 signatures à l'opposition pour atteindre les 2,4 millions nécessaires à la convocation d’une consultation populaire, qui pourrait entraîner la révocation du mandat de Chavez. Sous l'égide de l'Organisation des Etats américains (OEA) et du Centre Carter, le pouvoir, l'opposition et le CNE essaient de se mettre d'accord sur un mécanisme permettant de ratifier dans le courant du mois les signatures considérées comme douteuses par l'organisme électoral. Les discussions, qui ont débuté mercredi, n'ont toujours pas abouti.
Photo d’ouverture : Hugo Chavez, en 2002 - archives
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