© INTERNELe Conseil de sécurité de l'ONU s'est réuni en vain mardi soir à la demande du groupe arabe, afin d'élaborer une résolution condamnant l'assassinat du guide suprême du Hamas, cheikh Yassine. Les quinze membres ne sont en effet pas parvenus à s'entendre sur un texte, même s'ils avaient tous condamné dans un premier temps l'opération de l'aviation israélienne.
Le représentant palestinien à l'ONU, Nasser al-Kidoua, avait ouvert la session en demandant au Conseil de condamner comme lui "ce nouveau crime israélien" et de rendre Israël "légalement et politiquement responsable de ce crime et de ses conséquences". Mais l'ambassadeur américain a fait obstruction au projet de l'Algérie, représentant cette année le groupe arabe au Conseil, en arguant que si un texte devait être adopté, il devait condamner à la fois l'opération israélienne et le Hamas. Reprenant les mots de la Maison Blanche, John Negroponte avait auparavant fait valoir devant la presse son "trouble profond devant cet acte", qui pour Washington "n'aura pour effet que d'accroître la tension".
Ces débats stériles ont provoqué une colère amère du représentant israélien à l'ONU. "Pas une résolution, pas une déclaration de la présidence n'a été adoptée par ce Conseil pour dénoncer le massacre de nos civils innocents", s'est insurgé Danny Gillerman. Du coup, que l'organe central du système de sécurité collective s'apitoie sur le sort du "parrain du terrorisme" représente, pour lui, "l'hypocrisie ultime".
Sharon est devenu "une cible"
Entre-temps, dans le stade Yarmouk de Gaza, le chef politique du Hamas, Abdelaziz Rantissi, a été nommé "commandant en chef" du mouvement "pour le territoire de la Palestine" en présence du Premier ministre palestinien Ahmed Qoreï. Après un bref discours dans lequel il a juré de venger la mort de cheikh Yassine et de "traquer [les Israéliens] partout", Rantissi est retourné dans la clandestinité, après que l'état-major de la Défense israélienne eut décidé mardi de continuer les "liquidations ciblées" sans attendre une prochaine attaque du Hamas.
Du reste, l'armée israélienne a dans la foulée fait savoir que Rantissi était "une cible". Du coup, son supérieur, le nouveau chef suprême du Hamas "pour la Palestine et l'extérieur", Khaled Meshaal, a déclaré depuis son lieu d'exil que le Premier ministre israélien Ariel Sharon lui aussi, ainsi que "les grandes figures sionistes" étaient devenus "une cible" pour le mouvement et son bras armé, les "Brigades Ezzedine al-Qassam".
La guerre, même après la paix
Rantissi est considéré comme un "dur" du Hamas. Co-fondateur de la branche palestinienne des Frères musulmans avec Yassine, ce médecin de 57 ans a été de tous ses état-majors. Portant le titre de "directeur politique", il avait échappé de justesse à une tentative d'assassinat en juin dernier. Il était alors entré dans la clandestinité, comme l'essentiel de la direction opérationnelle.
Sa ligne est intransigeante et maintient le mot d'ordre du sommet de la Ligue arabe en septembre 1967, connu sous le nom des "Trois 'non' de Khartoum" : "Pas de paix avec Israël, pas de reconnaissance d'Israël, pas de négociations avec Israël". Lorsque le quotidien Ha'aretz l'avait interviewé l'année dernière, il avait insisté sur ce refus d'abandonner la lutte armée, même après un éventuel accord bilatéral. Même si des trêves tactiques "pour le bien du peuple palestinien" ont été convenues par le passé, celles-ci ne signifient pas pour Rantissi que les "combats" pourraient cesser "tant qu'il existe des Juifs en terre d'Islam". "Les Croisés sont restés deux cents ans puis sont partis, détaillait-il encore. Le conflit continuera peut-être par vagues. Tant qu'il existera une terre pillée, des territoires occupés, je pense que le conflit continuera, même si les Palestiniens signent un accord de paix."
Un garçonnet arrêté avec une ceinture d'explosifs |
A un checkpoint près de Naplouse, en Cisjordanie, l'armée israélienne a arrêté mercredi un garçon palestinien de 12 ans qui portait une ceinture d'explosifs. Le garçon a été emmené pour interrogatoire, alors que les autorités militaires ont fait savoir qu'il avait apparemment l'intention d'actionner la détonation près des soldats ou près de la base militaire du secteur, contre une récompense de 100 Shekels. La semaine dernière, un garçon de 10 ans avait été arrêté au même checkpoint, alors qu'il portait un sac contenant une charge explosive. Le jeune garçon, originaire du camp de réfugiés de Balata, avait été relâché lorsqu'il était devenu clair aux enquêteurs qu'il ignorait le contenu du sac. Depuis plusieurs mois, il gagnait de l'argent après l'école en transportant les valises et les paquets des "invalides et des femmes" qui font la queue. En outre, un Palestinien de 65 ans a succombé à l'inhalation de gaz lacrymogènes utilisés la veille par des soldats israéliens pour disperser une manifestation à Hébron. |
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