© INTERNEPour Richard Clarke, alors chargé de l'anti-terrorisme à la Maison Blanche, il y avait des signes avant-coureurs des attentats du 11 septembre en 2001 mais ces indices ne sont jamais remontés jusqu'à lui ni même jusqu'à la CIA. Le maillon faible ? "Le FBI", a accusé mercredi le conseiller de Bill Clinton puis de George W. Bush jusqu'au début 2003. Selon lui, les services de la sécurité intérieure n'auraient jamais indiqué que deux membres connus d'Al-Qaïda se trouvaient aux Etats-Unis dans les semaines précédant les attaques.
La commission d’enquête indépendante sur les attentats terroristes du 11 septembre 2001 contre les Etats-Unis a entamé mardi ses auditions des hauts responsables des gouvernements Clinton et Bush*. Mardi, le président américain, George W. Bush, s'est défendu d'avoir négligé la menace terroriste en affirmant qu'il aurait agi s'il avait eu des informations permettant de prévoir les attentats.
Une action préventive ?
Auditionné le même jour, son secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld, a estimé que les attentats du 11 septembre auraient eu lieu même si Oussama ben Laden avait été au préalable tué ou capturé. "Le tuer n'aurait pas éliminé son réseau". Il a aussi affirmé "n'avoir eu connaissance d'aucune information dans les six mois ayant précédé l'attaque qui aurait pu permettre de la prévoir".
Autre problème souligné par Rumsfeld : il aurait été impossible d'obtenir un soutien du Congrès et de la communauté internationale pour une option militaire préventive. "Combien de pays se seraient joints à la coalition ? (...) Probablement aucun". Madeleine Albright, l'ancienne secrétaire d'Etat du président démocrate Bill Clinton et son homologue à la défense William Cohen, avaient exprimé plus tôt mardi la même opinion devant la Commission.
Reprenant les arguments des précédents, le chef de la Diplomatie Colin Powell, également entendu mardi, a rappelé que l'administration Bush avait décidé assez tôt de détruire le réseau Al Qaïda, mais a admis que la stratégie n'avait été mise au point que quelques jours avant les attentats, estimant que "la principale menace se trouvait hors du pays".
Lacunes
Dans un rapport préliminaire, les enquêteurs de la Commission avaient estimé que les Etas-Unis auraient dû recourir à la force beaucoup plus tôt contre Al-Qaïda au lieu de privilégier la diplomatie pour faire expulser et juger son chef, Oussama ben Laden. Toujours selon le rapport, les attentats auraient pu être évités si le contrôle de l'immigration et le renseignement avaient été plus rigoureux.La commission a également souligné que l'administration Bush, n'avait pas immédiatement pris de mesures pour accroître ses écoutes électroniques d'Al-Qaïda et ignoré les demandes pressantes, au début de 2001, de son chef de la cellule anti-terroriste, Richard Clarke, de frapper des cibles d'Al-Qaïda en Afghanistan.
*Avant de procéder à ces auditions de plusieurs membres des gouvernements du démocrate Bill Clinton et du républicain Bush, la commission a écouté plus de mille témoins depuis 16 mois et dépouillé quelque 2 millions de pages.
Photo d'ouverture : le Congrès américain, où se déroule les auditions (archives)
Retour MYTF1
Chargement en cours...




