Sharon agira seul

Par Léonard VINCENT, le 15 mars 2004 à 18h14 , mis à jour le 15 mars 2004 à 18h44

Dans un discours à la Knesset consacré à la défense de son "plan de séparation", le Premier ministre israélien a expliqué que son pays n'avait pas de partenaire pour négocier quoi que ce soit, justifiant ainsi sa décision "d'agir seul".

Photo : Brennan LINSLEY (AFP) © INTERNE

Tant que les dirigeants palestiniens n'agiront pas contre le terrorisme, Israël entend défendre seul ses intérêts. C'est le message qu'Ariel Sharon a fait passer lundi face à la Knesset, en défendant son "plan de séparation" controversé. Le Premier ministre israélien a annoncé son intention de "changer la situation actuelle" de manière unilatérale, étant donnée l'absence de dirigeant palestinien ayant "le courage nécessaire pour lutter contre le terrorisme".

Un discours très ferme, après plusieurs semaines de pourparlers tous azimuts, avec les Américains, les Egyptiens et, indirectement, avec les Palestiniens. Ariel Sharon a une fois de plus accusé l'Autorité palestinienne ne n'avoir "rien fait" pour lutter contre les groupes terroristes. "Ils n'ont procédé à aucune arrestation ni aucune saisie d'armes, a-t-il expliqué, et n'ont rien fait pour lutter contre l'incitation à la violence, dans les écoles ou dans les mosquées." Selon lui, l'attentat d'Ashdod, dimanche, n'a fait que renforcer sa conviction qu'Israël n'avait "d'autre choix que d'agir seul".

Le discours du Premier ministre a été approuvé par 46 voix contre 45. Les députés n'ayant pas pris part au vote se sont discrètement éclipsé de l'hémicycle.

"Ce qui se cache derrière les pourparlers"

Une session plénière de la Knesset avait été convoquée lundi par le parti de gauche Meretz, qui avait récolté les 40 signatures de députés nécessaires pour interpeller le chef du gouvernement. Premier à avoir pris la parole, le leader du Meretz Yossi Sarid avait demandé à Ariel Sharon de "dire, pour une fois, ce qui se cache derrière tous ses pourparlers".

Depuis plusieurs semaines en effet, les membres du premier cercle du Premier ministre étaient engagés dans des consultations avec l'Egypte, les Etats-Unis et l'Europe, sur le "plan de désengagement" ou "de séparation" d'Ariel Sharon. Un sommet permettant de coordonner le retrait d'Israël avec l'Autorité palestinienne était même en préparation, mais a été annulé dimanche, après l'attaque d'Ashdod.

Ce plan, en constante évolution après que le chef du gouvernement israélien en eut tracé les grandes lignes le mois dernier, inclut le retrait des forces armées et des colons hors de la bande de Gaza et, éventuellement, le "réalignement" des colonies de Cisjordanie. Si les Egyptiens et les Américains ont clairement fait pression pour que l'évacuation de Cisjordanie concerne une grande partie des colonies, l'aile droite du Likoud et des formations ultras qui composent le gouvernement militent farouchement dans le sens contraire.

Par Léonard VINCENT le 15 mars 2004 à 18:14
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