© INTERNEOui à un retrait hors de la bande de Gaza et de certains secteurs de Cisjordanie, mais non à l'exigence d'un retrait israélien sur la ligne de cessez-le-feu de 1949 ou au démantèlement de toutes les colonies. Oui à deux Etats aux frontières sûres et reconnues, mais non à un retour massif des refugiés palestiniens en Israël. Oui à une ligne de sécurité "temporaire" en Cisjordanie, mais non au tracé d'une frontière unilatérale.
Telles sont les grandes lignes de force du point de vue israélo-américain exposé mercredi soir par Ariel Sharon et George W. Bush, lors d'une conférence de presse commune tenue à la Maison Blanche après deux heures d'entretien.
Un retour à 1949 "pas réaliste"
Les deux hommes avaient convenu de définir un point de vue définitif sur le plan de désengagement israélien, d'emblée qualifié par le président Bush "d'historique et courageux". Ariel Sharon entendait obtenir des Américains un refus officiel et sans équivoque du "droit au retour" des réfugiés palestiniens, ainsi qu'une position pragmatique sur les "grandes" colonies du nord de la Cisjordanie et de "l'enveloppe" de Jérusalem. Il a obtenu gain de cause, le président Bush ayant reconnu que "les nouvelles réalités sur le terrain" obligeaient à considérer que, dans le cadre d'éventuelles négociations sur un futur statut de la Palestine, il n'était "pas réaliste" d'exiger un retrait israélien sur les lignes d'avant la Guerre des Six jours.
De même, le président américain a estimé que le "droit au retour" en Israël exigé par les réfugiés palestiniens n'était pas acceptable, estimant que ceux-ci devaient se réinstaller "en priorité" dans les territoires dévolus à un futur Etat palestinien. Dans le même ordre d'idées, il a réaffirmé son soutien à l'idée d'Israël comme "Etat juif". S'agissant de la "ligne de sécurité" érigée en Cisjordanie, elle doit être, pour George W. Bush, "une barrière de sécurité et non politique. Elle doit être temporaire plutôt que permanente et ne pas préjuger des solutions définitives sur le statut, y compris sur le tracé des frontières."
"Combattre le terrorisme"
S'adressant aux Palestiniens, il les a appelés à "insister pour des changements et pour avoir des dirigeants engagés sur la voie des réformes, du progrès et de la paix". "Si les Palestiniens veulent un Etat, a-t-il continué, ils doivent combattre le terrorisme", appelant en outre les responsables de l'Autorité autonome à faire preuve de "responsabilité".
"Mon plan va créer les bonnes conditions pour reprendre les négociations entre Israël et les Palestiniens", a quant à lui déclaré Ariel Sharon, qui lisait un texte préalablement rédigé en anglais. Selon lui, il devrait également améliorer l'économie et la sécurité de l'Etat hébreu. Il a chaudement remercié le président Bush pour sa compréhension de la situation d'Israël et le soutien qu'il lui apporte.
Photo : Ariel Sharon et George W. Bush en conférence de presse (Luke Frazza-AFP)
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