© LCIChiites radicaux et américains ont semblé jouer la carte de la détente, lundi à Najaf, dans le centre de l'Irak, les premiers en raison de l'anniversaire du prophète Mahomet, les seconds officiellement parce qu'ils contrôlaient la situation. A la faveur de cette accalmie, une médiation entre la coalition et les partisans du chef radical chiite Moqtada Sadr s'est poursuivie pendant la journée.
Moqtada al-Sadr a décrété dimanche un cessez-le-feu de deux jours dans et aux abords de Najaf à l'occasion, lundi et mardi, de l'anniversaire de la naissance du prophète. L'imam chiite a également appelé ses partisans à cesser les attaques contre les Espagnols en voie de quitter le pays. Le jeune chef est toujours l'objet d'une chasse à l'homme par les soldats américains qui ont pour ordre de le capturer "mort ou vif".
Situation tendue à Falloujah
Mais le chef d'état-major interarmées américain, le général Richard Myers, a estimé à Washington qu'il n'était pas nécessaire pour le moment d'entrer militairement dans la ville rebelle. Selon lui, Moqtada Sadr est "maintenant si marginalisé" que sa milice, l'Armée de Mehdi, n'a plus "le contrôle" de la cité. Un officier sur place a confirmé que l'armée américaine allait réduire ses effectifs de 2500 à 2000 hommes.
A Falloujah, à l'ouest de Bagdad, des médiateurs irakiens se sont rendus lundi, pour une nouvelle rencontre entre dignitaires locaux et responsables de la coalition. Ils cherchent à consolider la trêve dans la ville sunnite assiégée par les marines depuis 15 jours. "Nous essayons de maintenir un cessez-le-feu", a assuré le général Myers. "Les marines font de leur mieux mais ils sont victimes de tirs par des extrémistes à Falloujah", a-t-il affirmé. Un accord serait même en vue pour un cessez-le-feu définitif.
Quel retrait ?
Le week-end a été particulièrement éprouvant pour la coalition dirigée par Washington. En deux jours, douze Américains ont été tués, dont deux par accident, tandis que des étrangers sont toujours retenus en otages et d'autres portés disparus. Par ailleurs, Madrid a annoncé que ses troupes allaient se retirer d'Irak "dans les plus brefs délais", c'est-à-dire d'ici 15 jours. La Maison Blanche a souligné "la solidarité" d'une trentaine de pays continuant à participer à la coalition.
Les ministres des Affaires étrangères de Belgique, d'Allemagne et de France ont appelé à la fin de l'occupation de l'Irak, "le plus vite possible, mais sans créer un vide de sécurité". Or, selon l'administrateur américain Paul Bremer, les forces de sécurité irakiennes ne seront pas en mesure d'assurer seules la sécurité du pays après le transfert de souveraineté maintenu le 30 juin par le président George Bush. D'où la nécessité, selon lui de maintenir les troupes de la coalition.
(Image LCI : à Najaf, une fouille au corps)
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