Constitution européenne : Chirac n'a pas tranché

Par D.S., le 29 avril 2004 à 11h48 , mis à jour le 30 avril 2004 à 10h59

Le président a jugé "prématuré de trancher" entre "référendum et procédure parlementaire" pour la ratification de la future charte fondamentale. Il a également estimé que les "conditions n'étaient pas aujourd'hui réunies" pour l'entrée de la Turquie.

Chirac Jacques conférence de presse europe européennes (LCI) © LCI

Pressé ces derniers temps de donner directement la position de la France sur l'élargissement de l'Union européenne de 15 à 25 pays, le chef de l'Etat s'est prêté jeudi matin à un exercice de questions-réponses avec les journalistes. Après avoir écouté religieusement le préambule du chef de l'Etat sur les enjeux de l'Union à 25, les journalistes lui ont posé les deux questions sur toutes les lèvres ces derniers temps: la première sur la Constitution européenne, la seconde sur la candidature turque.

Sur le premier sujet, le président a jugé "prématuré de trancher" entre "référendum et procédure parlementaire" pour la ratification de la future charte fondamentale. "D'abord, il faut procéder par étapes, conclure les négociations, sur quoi va-t-on voter ?", a-t-il expliqué. "Ça va être l'ambition  du conseil des 17 et 18 juin prochain", a-t-il poursuivi tout en faisant part de "son optimisme" sur la possibilité d'un accord lors de ce prochain sommet, à Bruxelles.

"Adhésion souhaitable"

Sur le second sujet, celui de la Turquie, Jacques Chirac a déclaré que les "conditions n'étaient pas aujourd'hui réunies" pour l'entrée de ce pays dans l'UE mais que son adhésion était "souhaitable à long terme". Quoiqu'il en soit, a poursuivi le chef de l'Etat, les négociations seront "longues, très longues : elle dureront dix ans ou peut-être plus".

Baisse d'impôts

Auparavant, Jacques Chirac avait appelé les Français à se mobiliser "pour aller voter" aux élections européennes du 13 juin afin que la France puisse mieux défendre ses intérêts au Parlement de Strasbourg. Soucieux d'apaiser les craintes des Français, le chef de l'Etat avait aussi affirmé que l'Europe qui s'élargit à 25 pays était "plus que jamais une chance pour nous et pour notre avenir". "La croissance et les investissements y créeront une nouvelle dynamique au service de l'emploi", a promis le président.

Autre sujet d'inquiétude, la rigueur budgétaire que s'est imposée Paris en signant le Traité de Maastricht. A ce propos, Jacques Chirac a déclaré jeudi qu'"on ne peut imposer la rigueur aux Etats et leur imposer parallèlement une hausse excessive de leur contribution à l'Union". Néanmoins, le président a fait remarquer que "les dépenses de l'Etat ont été stabilisées en 2003" et a promis qu'"elles le seront en 2004". Cette maîtrise des dépenses et la reprise de la croissance conditionnent, selon lui, la poursuite de la baisse des impôts.

"Je fais confiance au gouvernement"

Le président a profité de cette conférence de presse pour s'exprimer sur la situation intérieure et sur un certain nombre de débats comme le mariage gay.

Raffarin : "l'expérience et la détermination"
Jacques Chirac a justifié la reconduction de Jean-Pierre Raffarin à Matignon, en expliquant qu'il avait choisi "celui qui lui paraissait susceptible d'avoir l'expérience et la détermination nécessaires". Il a affirmé qu'il faisait "confiance au govuernement pour poursuivre avec fermeté (sa) politique".

Mariage gay : "La loi ne le permet pas"
Le président a déclaré que "la loi ne permet pas des mariages entre deux hommes ou entre deux femmes", alors que le maire Vert de Bègles (Gironde) Noël Mamère envisage d'en célébrer un en juin. Jacques Chirac a jugé qu'il "y avait là un problème qui touche aux droits de l'homme. Il a été trouvé une solution par le vote de la loi sur le PACS", a-t-il dit. Mais, selon M. Chirac, "l'expérience montre que cette loi n'a pas apporté toutes les garanties". Il s'est dit favorable à une adaptation de la législation.  "Au delà, nous avons une loi et une tradition, cette loi et cette tradition qui sont clairement affirmées dans le code civil ne permettent pas des mariages entre deux hommes ou deux femmes. C'est ainsi, c'est la loi (...) il ne saurait être question d'y porter atteinte". Enfin, le président a souligné qu'il n'était pas "absolument certain" de trouver "une grande majorité de Français pour remettre en cause une loi de cette nature" sur les mariages.

"L'antisémitisme un sujet trop grave pour entretenir la polémique"
Appelé à réagir sur la polémique qui a éclaté mercredi à l'Assemblée entre le ministre de l'Economie, Nicolas Sarkozy, et le Parti socialiste, Jacques Chirac a simplement déclaré que "l'antisémitisme" etait "un sujet trop grave pour entretenir la polémique". "L'antisémitisme est fondamentalement contraire à toutes les valeurs de notre République, de notre société, que les Français ont en partage" a ajouté le président.

(Image LCI : Jacques Chirac lors de sa conférence de presse)

Par D.S. le 29 avril 2004 à 11:48
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