Derniers réglages pour le plan Sharon

Par L.V., le 14 avril 2004 à 11h06 , mis à jour le 14 avril 2004 à 14h20

Le Premier ministre israélien, en visite à Washington, entend obtenir un soutien officiel à son plan de désengagement de la bande de Gaza et de certaines zones de Cisjordanie.

Photo : Brennan LINSLEY (AFP) © INTERNE

Le Premier ministre israélien va rencontrer le président américain George W. Bush dans l'après-midi à la Maison Blanche, afin de faire un dernier point sur le "plan de désengagement" qu'Ariel Sharon entend mettre en œuvre. Un rendez-vous de deux heures est prévu, au cours duquel les deux hommes vont échanger des lettres officielles affirmant les points de vue de leurs pays respectifs et débattre des derniers détails, avant de tenir une conférence de presse télévisée.

Des bases pour négocier

Le gouvernement israélien entend obtenir des Américains un refus officiel et sans équivoque du "droit au retour" des réfugiés palestiniens, ainsi qu'une position pragmatique sur les "grandes" colonies du nord de la Cisjordanie et de "l'enveloppe" de Jérusalem. Selon des sources citées mercredi par le New York Times, le président Bush, tout en apportant son soutien au plan Sharon dans le cadre de la Feuille de route, a accepté d'affirmer le droit d'Israël à maintenir un certain nombre de colonies dans le secteur, mais en termes vagues.

Sur ce sujet, le Premier ministre palestinien a mis en garde la Maison Blanche. "Toute parole qui pourrait encourager la colonisation ou la construction du mur équivaudrait à une dangereuse destruction du processus de paix et ne laisserait rien à négocier avec les Israéliens", a affirmé Ahmed Qoreï à la presse mercredi matin.

En outre, le président Bush devrait également préciser que le droit au retour des réfugiés palestiniens n'est envisageable que sur le territoire d'un futur Etat palestinien, conformément aux "Paramètres Clinton" publiés en décembre 2000, quelques mois après l'échec du sommet de Camp David. Le président américain devrait également affirmer que le tracé de la "ligne de séparation" en Cisjordanie ne constitue en aucun cas une détermination des frontières d'un futur Etat palestinien, mais que des futures négociations sur le statut définitif des frontières ne devrait pas exiger d'Israël de prendre comme base de départ la Ligne verte d'avant la Guerre des Six Jours.

"Un potentiel positif"

Avant d'accueillir Ariel Sharon, l'administration Bush a tenté d'obtenir une position modérée de l'Egypte et des Palestiniens. Le ministre palestinien des Finances Salem Fayyad a été reçu la semaine dernière par la conseillère à la Sécurité nationale Condoleeza Rice. S'il a convenu que le plan de désengagement avait "un potentiel positif", il a réaffirmé avec force que le plan vouait le secteur au chaos s'il n'était accompagné d'un soutien politique et financier à l'Autorité autonome.

Lundi, selon des sources citées par Ha'aretz, le président égyptien Hosni Moubarak était sorti de son entrevue avec George W. Bush en disant qu'il "pouvait vivre" avec les promesses que le président américain allait faire à Ariel Sharon. Selon leur déclaration commune, un retrait israélien de Gaza pourrait constituer "un pas important en avant" à condition qu'il se fasse dans le cadre de la Feuille de route.

Par L.V. le 14 avril 2004 à 11:06
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