Irak : souveraineté amputée pour le futur exécutif

Par D.S. avec AFP, le 27 avril 2004 à 12h20 , mis à jour le 27 avril 2004 à 22h40

Le secrétaire d'Etat américain Colin Powell a expliqué que la coalition devrait garder sa liberté d'action dans le pays malgré le transfert de souveraineté à un gouvernement irakien prévu à la fin du mois de juin. Mardi soir, de violents combats ont repris à Falloujah.

[Expiré] [Expiré] Powell Colin portrait Irak 27 avril 04 (TV) © AFP

A peine doté de ses pouvoirs le 30 juin prochain, le nouvel exécutif irakien devra en déléguer une partie… à la coalition. C'est la parade annoncée par Colin Powell lundi soir et imaginée Washington pour tenir sa promesse d'un transfert des compétences fin juin, sans pour autant abandonner le terrain au chaos. Confrontés aux rébellions sunnites et chiites, les Américains ne pouvaient pas confier la sécurité du pays à l'embryon d'armée ni aux policiers irakiens. Powell a clairement expliqué que la coalition devait conserver sa liberté d'action.

Falloujah, ville sunnite en pleine ébullition, pourrait constituer une sorte de baromètre de la situation. Le secrétaire d'Etat américain a expliqué lundi que les Etats-Unis attendent de voir comment fonctionnent les patrouilles mixtes irako-américaines avant de prendre une quelconque décision. C'est après cette déclaration que les combats ont repris mardi soir entre forces américaines et rebelles chiites. Selon un correspondant de la chaîne américaine CNN, des hélicoptères de combat sont entrés en action contre les positions des rebelles. La chaîne Al-Jazira du Qatar a indiqué que les tirs se concentrent sur la partie nord-ouest de la ville et d'autres quartiers du centre de la ville. Les deux chaînes montraient en direct les images de combat filmés par des caméras de vision nocturne. Les patrouilles communes devaient au départ commencer mardi selon les termes d'un accord négocié par des médiateurs du Parti islamique irakien, une formation sunnite.

Une résolution de l'ONU

Mais Falloujah n'est pas la seul souci de la coalition. A Bagdad même, la coalition continue à perdre des hommes. Lundi, deux soldats ont été tués et cinq autres blessés par une explosion dans un dépôt de produits chimiques. De violents combats entre l'armée américaine et membres de la rébellion chiite se sont également déroulés dans la nuit de lundi et mardi près de Najaf, dans le centre de l'Irak. La coalition affirme y avoir tué une quarantaine de partisans de l'imam Moqtada Sadr, les médecins avancent un bilan provisoire d'une trentaine de tués.

Les soldats américains sont en train de se redéployer dans la région ainsi qu'à Koufa, après le départ des troupes espagnoles. Ces derniers auront totalement quitté l'Irak le 27 mai, a annoncé mardi le chef du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero. Colin Powell a souhaité lundi qu'une future résolution de l'ONU encourage d'autres pays à fournir plus de troupes sur le terrain. Après plusieurs défections dans les rang de la coalition, l'Australie s'est engagée à rester en Irak jusqu'à la stabilisation du pays. Quant aux Britanniques, Tony Blair a signalé que Londres n'enverrait pas plus de soldats dans l'immédiat.

L'Italie dit "non" au chantage

La presse italienne se félicitait mardi du "front du refus" affiché par la classe politique face au chantage des ravisseurs menaçant d'exécuter les trois otages italiens si des manifestations contre l'occupation n'ont pas lieu dans la péninsule. "Non, évidemment à tout chantage", écrit l'éditorialiste du Corriere della Sera. "La tentative du terrorisme irakien de faire plier la politique étrangère italienne à ses propres fins, en usant odieusement les otages italiens, s'est avérée illusoire, au moins jusqu'à présent", poursuit le grand quotidien. "Irrecevable", titre le journal de centre-gauche La Repubblica qui vise à "corrompre politiquement la générosité des millions de citoyens qui se sont mobilisés contre la guerre". Pour La Stampa de Turin, "les ravisseurs (…) veulent diviser le gouvernement et les citoyens, déstabiliser le pays entier".

(Image LCI : Colin Powell)

Par D.S. avec AFP le 27 avril 2004 à 12:20
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