© INTERNEPour la seconde fois depuis dimanche, le cessez-le-feu a été reconduit lundi matin entre les troupes américaines et la guérilla qui occupe le centre et l'ouest de Falloujah. Si tout se passe comme convenu, la trêve devrait durer jusqu'à lundi dans la nuit, dans les rues et aux abords la cité rebelle, située à l'ouest du pays. Mais, sous le coup de 14h, heure locale, on apprenait que la milice sunnite reprendrait les armes si les Américains n'avaient pas quitté les lieux dans les deux heures. La coalition semble chercher une façon honorable de sortir de l'impasse dans laquelle elle se trouve depuis une expédition punitive commencée il y a huit jours. Cet ultimatum risque de froisser les Américains.
En réalité, les affrontements se poursuivent, plus sporadiques, moins meurtriers. Dans la nuit de dimanche à lundi, tirs et explosions ont résonné dans les rues de Falloujah survolées par les hélicoptères de la coalition. Selon un médiateur irakien citant les médecins, plus de 600 Irakiens y ont été tués et 1250 blessés depuis lundi dernier. Les Américains auraient perdu quant à eux une quarantaine d'hommes dans les dernières révoltes.
Cessez-le-feu chiite
Dans la région chiite, dans le sud, où domine la milice du chef radical, Moqtada Sadr, une trêve a également été décrétée samedi à Kerbala en raison de la fête de l'arbain qui doit durer jusqu'à lundi. Des centaines de milliers de chiites sont venus dès samedi marquer la fin de 40 jours de deuil à la mémoire d'Hussein, tué à la bataille de Kerbala en 680. Cette fête est particulièrement redoutée par la coalition qui craint des troubles en marge des commémorations ou des attentats contre les pèlerins. La fête de l'achoura, qui ouvre le deuil de 40 jours, avait été ensanglantée par plusieurs attaques qui avaient coûté la vie à 171 personnes.
Selon un médiateur chiite, la coalition a fait parvenir des propositions écrites à Moqtada Sadr pour mettre fin aux affrontements avec sa milice. Mais les Américains ont refusé de confirmer cette information et le principal intéressé ne semblait pas infléchir son discours anti-américain. Le jeune chef rebelle aurait toutefois accepté de remettre le contrôle de la ville sainte de Najaf à la police irakienne. La situation était sous contrôle, selon la coalition.
Otages
En revanche, à Baaqouba, au nord de Bagdad, deux policiers irakiens ont été tués et deux autres blessés lundi par l'explosion d'une charge explosive sous leur véhicule. A Hilla, au sud de la capitale, un policier a été tué et deux autres ont été blessés pardes hommes armés qui ont ouvert le feu sur leur voiture. A Kirkouk, dans le nord du pays, un policier a été tué et quatre civils ont été blessés par la chute de deux obus de mortier près d'un poste de contrôle. Par ailleurs, les prises d'otages se sont multipliées ces derniers temps. On en ignorait lundi le nombre exact. Si un Britannnique a été libéré, le sort de trois Japonais restait incertain lundi.
Commentant la recrudescence de la violence, le président américain George W. Bush a reconnu samedi soir qu'au cours de "la semaine écoulée en Irak, les forces de la coalition avaient fait face aux provocations et porté le combat vers l'ennemi". "Cette semaine a été dure, mais notre offensive continuera dans les semaines à venir", a-t-il assuré, réaffirmant que le transfert de souveraineté aux Irakiens aura lieu le 30 juin, comme prévu.
(Image LCI : un soldat américain à Falloujah, lundi)
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