© INTERNE"Un incident isolé", "réactions exagérées", "cela pourrait se produire dans n'importe quelle partie du monde" : les responsables grecs se sont empressés de prendre la parole tout à tour mercredi matin pour relativiser l'attentat survenu quelques heures plus tôt contre un commissariat de la banlieue athénienne. A 100 jours du début des Jeux Olympique, ces explosions non revendiquées ont trouvé une résonance internationale malvenue pour les hôtes des J.O. qui ont dépensé 650 millions d'euros pour prévenir les actes terroristes.
"Cela n'affecte en rien la sécurité de la préparation olympique", a assuré le Premier ministre grec. "L'effort du peuple grec et son étroite coopération avec les autorités compétentes de l'UE, de l'OTAN et des Etats-Unis garantissent la sécurité des Jeux", a assuré Costas Caramanlis. Avant même de connaître l'identité des auteurs, le porte-parole du gouvernement grec était quant à lui monté au créneau pour affirmer que les explosions n'étaient "pas liées à la préparation olympique". Plus ferme encore, le secrétaire d'Etat grec aux Affaires étrangères avait jugé "exagérées" les réactions après les explosions, estimant que "de telles choses ont souvent eu lieu dans le passé".
Sophistication
Si la piste du terrorisme islamiste semblait devoir être écartée, celle de la petite délinquance locale ne paraissait pas pour autant pouvoir être retenue avec certitude. En effet, la sophistication des engins explosifs utilisés mercredi n'est pas comparable aux petits attentats perpétrés avec des bonbonnes de gaz contre des agences bancaires par des jeunes proches des milieux anarchistes. Selon la télévision Net, au moins l'une des bombes était composée de pains de dynamite, d'une minuterie et d'un détonateur. Les trois explosions étaient programmées à plusieurs minutes d'intervalle, sans doute pour piéger les secours.
Ainsi, la police penchait plutôt mercredi matin pour la piste de l'extrême-gauche que le gouvernement pensait pourtant affaiblie avec le récent démantèlement de groupes comme le 17-Novembre ou l'organisation Lutte révolutionnaire populaire (ELA). L'attentat de mercredi rappelle d'ailleurs deux attaques récentes. En septembre dernier, un policier avait été blessé lors d'un attentat perpétré avec un engin similaire contre un tribunal d'Athènes. Il avait été revendiqué par un groupe grec jusqu'alors inconnu, Lutte révolutionnaire. En novembre, un engin explosif avait été désamorcé devant une succursale athénienne de la banque américaine Citibank. La tentative avait été revendiquée par "Christos Kassimis", une appellation utilisée dans les années 80 par l'ELA.
En début d'après-midi mercredi, le ministre grec de l'Ordre public assurait que les auteurs de l'attentat de mercredi étaient "des éléments extrémistes locaux" qui, de toutes façons, n'avaient "pas de capacités particulières" de nuisance, "ni d'avenir".
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