© INTERNELes tanks et les bulldozers de l'armée israélienne poursuivaient mardi soir une opération d'envergure sur le camp de réfugiés de Rafah, à la frontière entre la bande de Gaza et l'Egypte, visant apparemment à stopper le trafic d'armes à destination des territoires palestiniens. Dix-neuf Palestiniens ont été tués par des tirs israéliens et le dernier par l'explosion d'un engin dont il voulait se servir contre des militaires. Le bilan s'est alourdi après que les ambulances palestiniennes eurent été autorisées à entrer dans le quartier de Tal Al-Sultan, dans le camp de réfugiés de Rafah, où les combats les plus violents ont eu lieu. Parmi les morts figurent surtout des combattants mais aussi un enfant de 11 ans et une adolescente de 15 ans.
Isoler le campL'opération a commencé dans la nuit de lundi à mardi. Lundi, les unités israéliennes avaient isolé le camp de réfugiés de Rafah du reste du secteur en bloquant la route qui va de Morag, au nord-ouest, au passage de Soufa, à la frontière est. Dans la nuit, le génie a creusé des tranchées sur cette ligne, de manière à empêcher tout passage. Des blindés et des troupes ont alors été dépêchés sur des positions dans le quartier, afin de protéger les unités qui menaient des fouilles de porte en porte.
Peu après minuit, un hélicoptère a tiré sur une cible dans un quartier proche de la frontière, tuant trois hommes et en blessant sept autres. Mardi vers trois heures du matin, un hélicoptère a tiré deux missiles sur le quartier de Tel al-Sultan, tuant huit Palestiniens, dont trois membres du Hamas, selon ce groupe armé. Vingt-trois Palestiniens ont également été blessés dans ce deuxième raid, qui, selon un témoin, a été mené près d'une mosquée et aurait provoqué un incendie. Les services hospitaliers de Rafah se disent débordés et doivent entreposer les cadavres dans un magasin, faute de place dans la morgue.
Le groupe arabe saisit le Conseil
Alors que la communauté internationale — y compris l'Union européenne, l'ONU et les Etats-Unis — ont violemment appelé Israël à faire cesser les démolitions, un responsable militaire israélien a démenti l'information selon laquelle le gouvernement Sharon avait l'intention de raser des pans entiers de maisons, de manière à élargir la "route Philadelphi" qui longe la frontière avec l'Egypte. Depuis la semaine dernière, l'armée israélienne intervient dans le secteur après deux attaques meurtrières contre des soldats lancés dans des opérations anti-contrebande, puis contre les hommes venus récupérer leurs cadavres. Quoi qu'il en soit, plusieurs centaines de familles palestiniennes ont déjà fui la zone, où les démolitions ont bel et bien commencé. Certains ont même saisi la Cour suprême d'Israël sur le sujet. Le groupe arabe à l'ONU a demandé une réunion d'urgence du Conseil de sécurité pour débattre des démolitions en cours, dont "certaines", selon Amnesty international et l'Autorité palestinienne, seraient des "crimes de guerre".
"Nous ne nous sommes pas fixés de limite de temps, a expliqué une responsable militaire israélienne sous couvert d'anonymat, car il s'agit d'empêcher que les terroristes parviennent à faire passer des armes, notamment des roquettes à longue portée susceptibles d'atteindre tout le territoire israélien." Selon Galei Tsahal, la radio de l'armée, l'opération surnommée "Arc-en-ciel et nuage" devrait durer "plusieurs jours". Yasser Arafat dénonce un "grand massacre" à Rafah et appelle la communauté internationale à intervenir pour y mettre fin.
Une situation sanitaire "catastrophique" |
Joint par téléphone mardi, Ziad Sarafandi, président des comités populaires de réfugiés des camps de Rafah, décrit une situation sanitaire "catastrophique". Isolée du reste de la bande de Gaza, la population du camp de réfugiés ne dispose plus, par exemple, d’alimentation en eau depuis 48 heures. Dans ces conditions, la situation des enfants en bas âge, notamment, est "extrêmement alarmante". Selon les informations de tf1.fr, plusieurs ONG, alertées, s’efforcent avec difficulté d’ouvrir un corridor humanitaire vers la zone isolée. |
Photo : Un combattant blessé évacué sur un brancard par le Croissant rouge (LCI)
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