"Belgique crève !"

Par , le 13 juin 2004 à 09h42 , mis à jour le 13 juin 2004 à 10h21

Ce slogan est celui du parti d'extrême-droite flamand dont le score pourrait dépasser les 20% dimanche lors du scrutin régional en Belgique. Le parti libéral du Premier ministre pourrait en faire les frais jusqu'au niveau fédéral.

[Expiré] [Expiré] Dewinter Filip leader extrême droite flamande Belgique (AFP) © AFP

Sans doute l'avenir des Belges se joue-t-il plus ce dimanche dans le cadre des élections régionales que dans celui du scrutin européen. Quelque 7,5 millions d'électeurs belges ont commencé à se rendre aux urnes pour renouveler les assemblées des régions.

Dans un Etat en proie à des pressions séparatistes, que d'aucuns nomment pudiquement "fédéralisme centrifuge", les régions constituent désormais un niveau de pouvoir essentiel. Et, bien que les scrutins régionaux et fédéral soient désormais déconnectés, une défaite du parti libéral flamand dans le nord du pays pourrait mettre en jeu l'avenir du gouvernement fédéral du Premier ministre, Guy Verhofstadt.

Indépendance de la Flandre

En Flandre, l'opposition chrétienne-démocrate (CD&V), qui fait liste commune avec la petite formation nationaliste du NV-A, est donnée largement gagnante par les sondages. Les libéraux-démocrates sont en revanche crédités d'une humiliante troisième (voire quatrième) place, derrière l'extrême-droite du Vlaams Blok, promise à un nouveau score record de plus de 20%, et les socialistes (SPA).

Le Blok ne semble pas atteint par les récents déboires de certaines de ses associations satellites déclarées "racistes" par la justice. Selon un sondage de la Libre Belgique publié vendredi, la moitié des Flamands estimerait normal de voir associé au pouvoir ce parti qui prône l'expulsion massive des immigrés et l'indépendance de la Flandre sous le slogan de "Belgique, crève!".

La Sécu divisée ?

Dans le sud francophone, les libéraux dont fait partie le sémillant ministre des Affaires Louis Michel, se maintiennent, tandis que les socialistes wallons enregistreraient une nouvelle progression. Si les libéraux flamands sont expulsés de la coalition au fédéral, il n'est pas évident que leurs frères wallons ne suivront pas le même chemin. Les rênes du pays ne tarderaient pas alors à tomber aux mains d'une coalition entre socialistes - démocrates chrétiens.

Or, cantonnés dans l'opposition depuis plusieurs années, ces derniers ont radicalisé leurs positions sur les différends communautaires, à tel point qu'ils sont aujourd'hui en faveur d'une confédération belge où l'autonomie des régions serait quasi-totale. Leur premier chantier serait sans nul doute la scission de la Sécurité sociale, une perspective que les Francophones refusent d'envisager. Alors que l'Europe s'unit, les Belges seraient-ils sur la voie du divorce ?

(Image AFP : Filip Dewinter, leader anversois du Vlaams Blok  se place
en 2e position des Premier ministrables flamands, selon un sondage de La LIbre Belgique)

Par David Straus le 13 juin 2004 à 09:42
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