Moqtada Sadr pourrait fonder un parti

Par AFP, le 13 juin 2004 à 11h37 , mis à jour le 13 juin 2004 à 11h43

Le chef radical chiite et ses partisans envisagent de participer aux élections. Moqtada Sadr ne serait pas candidat en personne. L'Armée du Medhi ne disparaîtrait pas pour autant.

irak moqtada sadr preche © INTERNE

L'Armée du Medhi pourrait avoir bientôt une représentation légale. Son chef, le radical chiite Moqtada Sadr qui avait pris les armes contre la coalition menée par les Américains, envisagerait de fonder un parti et de se présenter aux premières élections de l'après Saddam. "Nous pouvons fonder un parti qui exprime ce dont les gens ont besoin parce qu'ils ont placé leur confiance en nous", a déclaré Qaïs al-Khazaali, son porte-parole.

"Nous avons cette idée et nous en discutons", a-t-il ajouté sans préciser qui participait à ces discussions. "Moqtada Sadr a répété qu'il ne voulait aucune fonction politique. Cela ne veut pas dire qu'il ne soutiendra pas des gens pour en occuper", a-t-il ajouté. A la question de savoir si ce parti participerait aux élections avant même un retrait des forces étrangères, dont les partisans de Moqtada Sadr assimilent la présence à une occupation, il a répondu: "Nous y participerons si ce sont des élections libres et honnêtes". Elles devraient être supervisées par une partie honnête", a-t-il indiqué.

Inéligible

L'organisation d'élections générales en Irak est prévue au plus tard en janvier 2005. Dans la lettre de Moqtada Sadr qui a conduit à une trêve avec l'armée américaine le 27 mai figure l'ouverture de négociations avec la "Maison chiite", l'ensemble des responsables politiques, religieux et tribaux chiites, sur l'avenir de "l'Armée du Mehdi", qui regroupe ses partisans armés. Mais cheikh Khazaali a souligné que le bureau de Sadr et l'Armée du Mehdi continueraient à exister.

Le 7 juin, un responsable de la Coalition dirigée par les Etats-Unis en Irak avait indiqué que Moqtada Sadr ne pourrait pas légalement occuper une fonction politique durant trois ans, même s'il dissous sa milice. Selon un des alinéas de l'ordre 91 de la coalition qui fait suite à l'accord signé entre le gouvernement irakien et neuf milices pour leur dissolution, "les membres de groupes armés illégaux ou de milices ne pourront pas occuper une fonction politique durant trois ans après la dissolution de la milice (...) et les dirigeants et partis politiques qui appuient ces milices ou groupes armés pourront être condamnés".

(Image d'archive : Moqtada Sadr)

Par AFP le 13 juin 2004 à 11:37
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