© INTERNEQuelques heures après avoir vu mourir quatre de ses compagnons dans un accident dans le massif du Mont-Rose, un survivant accuse. Notre guide "a commis une erreur impardonnable", a assuré Hugues Moreau, de sa chambre d'hôpital à Aoste où il est soigné pour de multiples fractures. "En fait, il a commis deux erreurs : il nous a fait partir trop tard et une fois que nous étions en sécurité, il nous a fait repartir en arrière dans la nuit, en pleine tempête", a-t-il précisé.
Outre cet homme de 45 ans originaire de Schiltigheim (Bas-Rhin), une sixième alpiniste, originaire de Rezé (Loire-Atlantique), se trouvait toujours vendredi dans un état critique après voir été retrouvée en forte hypothermie.
100 à 200 mètres
Parti du refuge des Guides d'Ayas à quelque 3400 mètres, le groupe qui évoluait en cordée a été pris dans une bourrasque mercredi soir et a dévissé dans la traversée du Castor (4225 mètres d'altitude) alors qu'il redescendait en direction du refuge Quintino Sella (3585 mètres) dans la commune de Gressoney La Trinité.
En plus des deux survivants, le groupe était composé d'un guide de haute montagne, d'un couple de Lyonnais et d'une habitante du Nord. Selon l'agence italienne Ansa, les alpinistes ont fait une chute en redescendant la paroi sud de la montagne et ont achevé leur course 100 à 200 mètres plus bas sur un glacier. Ce n'est que le jeudi matin que la disparition des six alpinistes a été signalée par les responsables des refuges. Les secours ne les ont répérés que dans la soirée.
Parcours classique
Plusieurs témoignages corroborent en partie les accusations de l'alpiniste survivant. Un officier des carabiniers de la station de Saint-Vincent a ainsi assuré que "des gens du poste avaient déconseillé [aux alpinistes] de quitter le refuge". "Le temps ne promettait rien de bon, mais il y a eu une éclaircie imprévue vers 16h30 et ils ont décidé de partir immédiatement", a témoigné le patron du refuge d'où est parti le groupe jeudi matin. "Je leur ai dit qu'il était dangereux d'affronter la montagne à cette heure, qu'ils seraient surpris par la nuit, mais ils m'ont répondu qu'ils étaient bien équipés et qu'ils avaient confiance dans leur guide", a assuré le patron.
De son côté, l'organisateur de la randonnée, Allibert, a assuré que son guide, tué dans l'accident, était expérimenté. "Marc Monier, originaire des Hautes-Alpes, connaissait très bien cette montagne car il avait fait cette course plus de 10 fois", a souligné Jean-Luc Poulat, le directeur de la société. "La course sous les cimes du Mont-Rose est une classique, qui ne pose pas de difficultés particulières, en été, il y a des départs toutes les semaines", a-t-il poursuivi. Selon les experts, le parcours choisi par le groupe était effectivement classique et ne présentait pas de difficultés techniques particulières.
(photo : Hugues Moreau)
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