Nouvel ultimatum pour Loukos

Par RG (avec AFP), le 03 juillet 2004 à 07h00 , mis à jour le 02 juillet 2004 à 20h35

Le géant du pétrole russe mais aussi ses dirigeants sont dans le collimateur de la justice russe. Celle-ci lui donne moins d'une semaine pour payer 3,4 milliards de dollars d'arriérés d'impôts.

opep petrole raffinerie © INTERNE

Coup de tonnerre à Moscou ! Les agences de presse russes Interfax et Tass ont rapporté jeudi, que le fisc réclamait au groupe Loukos 98 milliards de roubles, soit 3,4 milliards de dollars, d'arriérés d'impôts et pour 2000. A cette somme colossale s'ajoute un montant identique exigé pour l'année fiscale 2001, portant le total des amendes à près de 8 milliards de dollars. Cette fois, c'est tout simplement l'avenir de l'entreprise la plus rentable du pays qui se joue, et c'est la panique dans les rangs des oligarques, ces richissimes hommes d'affaires qui croyaient pouvoir défier Vladimir Poutine. Concernant l'affaire, le président de l'organisation patronale RSPP, Arkadi Volski ne prend pas de gants et confirme "qu'il semble que l'objectif du gouvernement ne soit pas la faillite de Ioukos mais de confisquer les actions de Mikhaïl Khodorkovski (l'ex-patron et premier actionnaire de Ioukos, incarcéré depuis octobre).

D'un bout à l'autre de la planête pétrole, on s'inquiète de cette nouvelle démonstration de force du pouvoir russe. Dans ce western politico-financier à la sauce moscovite, le parquet est en effet le bras armé de l'équipe dirigeante qui semble avoir décidé de frapper fort. L'entourage de Poutine nie toute ingérence et insiste sur sa version des faits : "force doit rester à la loi". Comme en écho, vendredi, le porte parole de la cour Alexandre Remigaïlo, indiquait que si dans 5 jours, le groupe Loukos ne commençait pas à payer ses dettes, la cour ferait saisir les comptes bancaires de la compagnie pétrolière.

Le Kremlin entend contrôler les patrons

Ce nouvel épisode du "feuilleton Loukos" survient alors que Vladimir Poutine avait encore assuré le mois dernier que son gouvernement ferait tout son possible pour éviter la faillite de Ioukos. Simultanément, le président russe recevait jeudi soir au Kremlin, les principaux patrons russes et même si l'affaire Ioukos n'était pas à l'ordre du jour, les entrepreneurs devaient se voir signifier "leurs obligations par le président".

Loin d'être attristée par les déboires de ces milliardaires flamboyants, la presse locale s'en donne à cœur joie. Selon le quotidien Nezavissimaïa Gazeta, "les requins du jeune capitalisme russe qui n'ont pas encore été mis en taule, se dépêchent de faire des aveux et des serments de bonne conduite, dans l'espoir d'apitoyer leur bourreau". En attendant la suite des évènements, ce dernier ne semble pas près de relâcher Mikhaïl Khodorkovski qui croupit en prison, malgré sa fortune énorme estimée à 15,5 milliards de dollars.

De son côté, Vladimir Poutine joue la carte de la proximité avec le peuple, car en grande majorité celui-ci déteste ces richissimes hommes d'affaires qu'il juge responsable de tous ses maux. Surfant sur ce courant, l'ex espion devenu président a mis au pas tous les rouages de l'état, puis la télévision. Au vu des luttes en cours, il semble désormais bien parti pour contrôler les principales entreprises du pays, à commencer par les plus rentables, celles du secteur pétrolier.

Par RG (avec AFP) le 03 juillet 2004 à 07:00
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