© INTERNEAinsi, le candidat démocrate à la vice-présidence des Etats-Unis d'Amérique se nomme John Edwards. Issu du milieu ouvrier du sud, cet ancien avocat au physique à la Kennedy n'a pas seulement séduit John Kerry pour son parcours exemplaire ou la sympathie qu'il lui inspire. Au-delà de son admiration pour son "grand ami" du Massachusetts, les atouts politiques du sénateur de la Caroline du nord sont nombreux.
En premier lieu, dès qu'il a été question pour John Kerry de se choisir un colistier, le préféré des Démocrates a établi cinq critères que son futur partenaire devait remplir. Le vice-président idéal devait d'abord avoir fait ses preuves sur les questions de sécurité nationale, de prospérité économique et de justice sociale. Il devait croire aux idées et à la "vision" nationale de John Kerry. Il devait être capable d'inspirer confiance aux électeurs de l'ensemble du pays et de toutes les couches sociales. Il devait être "compatible" avec Kerry "à tous les niveaux". Il devait enfin être "prêt à tout moment à assumer l'énorme responsabilité de la présidence".
Orateur enthousiasmant, engagé sincèrement et avec constance dans la sociale-démocratie à l'américaine, jamais agressif envers John Kerry et très populaire dans l'Amérique des "petites maisons", John Edwards a donc, à la lumière de cette check-list, paru le mieux à même d'être le numéro 2 de la "Nouvelle Amérique" promise par les Démocrates.
Une bête de campagne
Mais le choix de Kerry répond aussi à des considérations plus tactiques. Au-delà des bastions traditionnels des deux grands partis, un certain nombre d'Etats indécis font l'objet de toutes les luttes d'état-majors entre Démocrates et Républicains. Du coup, même si le choix d'un vice-président comme John Edwards n'assure pas nécessairement la victoire aux Démocrates dans ces "red and blue States", sans doute John Kerry s'est-il laissé convaincre de s'attacher, au moins, les services de cette bête de campagne électorale. "Vous avez besoin de ce niveau d'enthousiasme", lui aurait glissé un proche pour achever de le convaincre, selon l'analyste politique de NBC Matt Lauer. Bill Clinton n'avait-il pas choisi pour les mêmes raisons, et avec succès, le sénateur du Tennessee Al Gore ?
La journaliste Andrea Mitchell, elle, souligne non seulement les dons de bretteur de John Edwards, mais surtout sa grande proximité avec le Sud déshérité où les Démocrates ne sont pas toujours les bienvenus, et qui compense son manque d'expérience politique. Le pari de John Kerry est de ramener à lui, le Bostonien, le sénateur qui a épousé une milliardaire, la classe des petits consommateurs, des nouveaux chômeurs, des rouages spoliés des multinationales que John Edwards a passé sa vie à défendre devant les petites cours locales. De plus, John Kerry sait que les Républicains n'ont pas de mots assez durs envers les populaires "court lawyers" comme Edwards.
De fait, cet homme de débat, qui n'a pas son pareil pour exposer avec force des arguments cinglants de son accent traînant, ne devra pas seulement se mêler aux foules de son Sud natal. John Kerry sait aussi que son numéro 2 ira affronter le vice-président sortant Dick Cheney, lors du débat prévu le 5 octobre. Et que ce moment, à un mois du scrutin, sera déterminant.
Photo : John Edwards en campagne électorale (Manny Ceneta - AFP)
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John Edwards, candidat à la vice-présidence en 2004 et adversaire de Barack Obama lors des primaires démocrates de 2008, est jugé pour avoir utilisé des fonds de campagne afin d'entretenir sa maîtresse et cacher le scandale.
Publié le 27/04/2012
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