Sommet : Chirac promet Battisti à Berlusconi

Par D.S., le 02 juillet 2004 à 16h10 , mis à jour le 24 avril 2006 à 13h25

En marge du sommet franco-italien de Paris, le président français s'est dit favorable à l'extradition du militant d'extrême gauche condamné en Italie pour meurtres. Le chef de l'Etat attendra néanmoins la décision de la Cour de cassation.

LCI © LCI

Jacques Chirac a pu revenir ce vendredi sur l'affaire Cesare Battisti et rassurer sur ses intentions son invité d'un jour, le président du Conseil italien Silvio Berlusconi à Paris pour un sommet bilatéral. Le président a prudemment expliqué au préalable qu'il attendrait l'arrêt de la Cour de cassation concernant l'extradition du militant d'extrême gauche avant d'arrêter sa propre décision.

Mais, après avoir rappelé que la cour d'appel de Paris avait donné jeudi "une suite favorable" à la demande de Rome, le président français a estimé que "si une personne est condamnée pour des crimes terroristes, dans une démocratie et un Etat de droit, il est évidemment de notre devoir, de notre responsabilité de répondre favorablement à une demande d'extradition". Or, a rappelé Jacques Chirac, Battisti a été "condamné en 1993 définitivement par la justice italienne pour plusieurs assassinats et crimes de sang".

Doctrine caduque

La décision de la cour d'appel a été saluée par la quasi-totalité de la classe politique italienne mais elle a suscité l'indignation des partisans de Cesare Battisti. En France, l'opposition de gauche a demandé au chef de l'Etat de ne pas signer le décret d'extradition en invoquant l'engagement du président Mitterrand, en 1985, de ne pas extrader les activistes italiens d'extrême gauche.  Mais Jacques Chirac a estimé vendredi que cette position était devenue caduque. "Depuis 1989, la loi italienne a changé" et elle a été jugée "parfaitement respectueuse des droits de l'homme" au niveau européen, a-t-il expliqué.

Un second Traité de Rome

Ce point n'a été évoqué qu'en marge du sommet. L'agenda officiel était quant à lui beaucoup plus terne : liaison ferroviaire Lyon-Turin, aéronautique, armement et lutte contre l'immigration clandestine étaient au menu. Le sommet a toutefois été l'occasion pour Silvio Berlusconi d'annoncer la signature de la Constitution européenne le 20 novembre prochain à Rome. Le président du Conseil a précisé qu'elle aurait lieu dans la salle où a été signé le Traité de Rome en 1957, créant la Communauté européenne.

Après la guerre en Irak, à laquelle l'Italie a coopéré tandis que Paris s'y opposait, Jacques Chirac et son invité ont ostensiblement montré des signes de réconciliation. L'Italie et la France sont "deux nations sœurs, si proches par le cœur, par l'histoire, par la culture", a expliqué Jacques Chirac. La France est "notre deuxième patrie", a renchéri Silvio Berlusconi. Et pour le prouver, les deux hommes se sont engagés à tenir des "séminaires" intergouvernementaux réguliers.

Quand le chat n'est pas là...

Alors que Silvio Berlusconi se trouvait à Paris, le vice-Premier ministre italien, Gianfranco Fini, a exigé vendredi un changement de politique économique sous peine de quitter le gouvernement. Deuxième formation de la coalition de droite, l'Alliance nationale semble déterminée à obtenir la tête du ministre de l'Economie et des Finances, Giulio Tremonti. Fini jalouse ouvertement cet économiste de 56 ans, membre de Forza Italia, et surtout deuxième homme du gouvernement. Silvio Berlusconi a convoqué pour vendredi soir une réunion des chefs des partis de sa coalition afin d'éviter le pire. Car la Ligue du Nord menace aussi de rompre si le Parlement ne vote pas son projet de réforme fédéraliste, tandis que les centristes de l'UDC exigent le rétablissement du scrutin proportionnel. Malgré la brouille, tous semblent disposés à voter demain en conseil des ministres une réduction des dépenses publiques réclamée par les institutions européennes.

(Image LCI : Silvio Berlusconi et Jacques Chirac à Paris ce matin)

Par D.S. le 02 juillet 2004 à 16:10
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