© INTERNERelèvement du niveau d'alerte terroriste aux Etats-Unis, coup de filet antiterroriste en Grande-Bretagne, arrestations au Pakistan : trois événements en apparence sans lien entre eux – si ce n’est qu’ils concernent tous une même organisation, Al-Qaïda. Mais s’il faut en croire le New York Times, qui s’appuie sur le témoignage de responsables américains parlant sous couvert de l'anonymat, l’alerte terroriste aux Etats-Unis et les arrestations par la branche antiterroriste de Scotland Yard font partie d'un ensemble de mesures décidées après la découverte d'informations sensibles au Pakistan.
Dimanche, les Etats-Unis avaient été le premier pays à relever à l'orange (très élevé) leur niveau d'alerte terroriste. Mesure alors contestée, plusieurs médias accusant la Maison Blanche d’avoir agité la menace terroriste en s’appuyant sur des informations anciennes, en pleine campagne électorale de George W. Bush. Comme pour leur donner tort, la même Maison Blanche, après un certain flottement, a justifié mercredi cette mesure par "de nouvelles informations", sans en préciser la source ; et plusieurs télévisions américaines ont annoncé jeudi l’arrestation, au cours de la nuit précédente, dans une mosquée de l’Etat de New York, de deux hommes cherchant à participer à l'achat d'un missile sol-air portable.
![]() L'édition électronique du Times évoquant des menaces sur Heathrow |
Durant la même période, mais outre-Atlantique, une opération d’envergure au nord de Londres a conduit mardi soir à l’arrestation de treize suspects. Douze d’entre eux, âgés de 19 à 32 ans, étaient toujours interrogés jeudi à Londres par Scotland Yard. Selon plusieurs médias britanniques, l’opération était la conséquence directe d’un vaste coup de filet opéré au Pakistan. Le Times a ainsi fait état de l'arrestation, grâce au renseignement pakistanais, du "chef des opérations d'Al-Qaïda en Grande-Bretagne", alias Bilal, qui selon le journal préparait une attaque contre Heathrow, le principal aéroport londonien.
Un haut responsable des services de sécurité pakistanais avait affirmé mercredi que Mohammad Naeem Noor Khan, l'expert en informatique pakistanais lié à Al-Qaïda et arrêté au Pakistan en juillet, avait précisément planifié un attentat contre Heathrow. Selon le quotidien The Sun de jeudi, ce sont les informations trouvées sur son ordinateur qui ont été à l'origine du coup de filet de mardi en Grande-Bretagne. Sans confirmer ces informations, le ministre pakistanais de l'Intérieur a indiqué jeudi que "près de 20" militants présumés d'Al-Qaïda arrêtés au cours des trois dernières semaines sont en cours d'interrogatoire – interrogatoire qui aurait déjà permis d’obtenir une "importante masse d'informations". Pour boucler la boucle, cette opération pakistanaise contre Al-Qaïda aurait été, selon le Washington Post, largement aidée par... la CIA, qui aurait fourni notamment financement, matériel d'écoute et informations, et qui aurait pris en charge en sous-main les interrogatoires des suspects.
Au chapitre des alertes, en Italie, les autorités ont décidé jeudi de renforcer les mesures de sécurité dans tous les aéroports internationaux après les menaces d'un groupe lié à Al-Qaïda. Al-Qaïda et "d'autres organisations" pourraient préparer des attaques contre la marine marchande car "ils ont réalisé son importance pour le commerce mondial", a par ailleurs déclaré l'amiral Alan West, le plus haut responsable maritime britannique, se référant à des informations des services de renseignement.
Photo d’ouverture : le coup de filet antiterroriste en Grande-Bretagne - DR
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