Irak : Sadr accepte de jouer le jeu politique

Par D.S. avec AFP, le 18 août 2004 à 17h54 , mis à jour le 19 août 2004 à 09h13

L'imam radical chiite aurait accepté mercredi de transformer sa milice en parti et de se retirer de la ville sainte de Najaf où ses hommes affrontent depuis le début du mois les forces irakiennes et américaines. Le gouvernement n'a pas réagi.

[Expiré] irak Moqtada Sadr chef chiite armee du mehdi en gros plan © INTERNE

Manœuvre dilatoire ou volonté de dialogue ? L'imam radical chiite Moqtada Sadr, retranché avec ses partisans dans le sanctuaire chiite de Najaf, aurait accepté les conditions posées par la Conférence nationale irakienne pour mettre fin aux combats de Najaf. A savoir : dissolution de sa milice, l'armée de Medhi, retrait de la ville sainte et transformation en parti. L'information donnée par deux porte-parole du chef radical a été confirmée mercredi dans l'après-midi devant la Conférence elle-même par un représentant de Moqtada Sadr à Bagdad, en possession d'une lettre du leader chiite.

Signe de la volonté de Sadr de participer au processus électoral : une des listes de candidats au Conseil intérimaire législatif comprenait mercredi le nom d'un de ses représentants. Les quelque mille délégués de la Conférence nationale irakienne, censés représenter toutes les tendances du pays, doivent élire les membres de ce Conseil intérimaire dont le travail sera de contrôler le gouvernement. Dix-neuf des 100 sièges de ce Conseil sont déjà occupé de droit par des membres du Conseil de gouvernement dissous.

Assaut gelé ?

Mardi une délégation s'était rendue à Najaf avec l'espoir de remettre le texte d'une résolution votée lundi à main levée par la Conférence. Ce texte portait notamment les trois conditions pour mettre fin aux combats. Mais, à cause des affrontements en cours, les envoyés n'avaient pu remettre le document à Moqtada Sadr en main propre . Les délégués avaient alors demandé au gouvernement irakien d'Iliad Allaoui d'ordonner une cessez-le-feu.

La question d'une trêve était toujours en suspens mercredi soir et des combats, sporadiques mais violents, se poursuivaient à Najaf, théâtre depuis le 5 août d'affrontements quotidiens opposant les miliciens de Sadr aux forces gouvernementales et américaines. Toutefois, l'assaut final annoncé comme imminent quelques heures plus tôt par le ministre de la défense irakien n'avait toujours pas eu lieu. La balle était manifestement dans le camp du gouvernement irakien et de son soutien américain.

(Image d'archive : Moqtada Sadr)

Par D.S. avec AFP le 18 août 2004 à 17:54
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