L'AIEA fixe un ultimatum à Téhéran

Par D.S. (avec AFP), le 19 septembre 2004 à 10h22 , mis à jour le 19 septembre 2004 à 10h28

Une résolution met en demeure l'Iran de faire la lumière sur ses activités nucléaires d'ici au 25 novembre et de suspendre l'enrichissement d'uranium momentanément. Téhéran refuse et menace d'empêcher les inspections.

iran carte iran © INTERNE

L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) perd patience. Samedi à Vienne, le conseil des gouverneurs de l'organisation internationale a adopté une résolution dure contre l'Iran, le mettant en demeure de faire la lumière sur ses activités nucléaires d'ici au 25 novembre et de suspendre plusieurs activités liées à l'enrichissement d'uranium, pourtant légales. Mais Téhéran ne semblait pas disposé dimanche à se soumettre à ces pressions et menaçait même de refuser les inspections inopinées de ses sites atomiques, si le dossier était envoyé au Conseil de sécurité de l'ONU.

La saisine du Conseil de sécurité, souhaitée par Washington, est en effet l'une des menaces agitées par l'AIEA si la République islamique ne se montre pas plus transparente sur activités d'enrichissement d'uranium. Officiellement ces derniers relèvent d'un programme civil de production d'électricité mais les Etats-Unis soupçonnent les militaires iraniens de construire en secret la bombe atomique. L'AIEA a donc requis une suspension de ce programme pour l'instant. "L'Iran n'acceptera aucune contrainte en ce qui concerne la suspension de l'enrichissement", a indiqué dimanche le dirigeant iranien chargé du nucléaire. "Si cela se faisait, ce serait au travers de négociations, et non pas d'une résolution" du Conseil de sécurité, a lancé Hassan Rohani.

Programme secret

Téhéran semble particulièrement en colère contre l'Allemagne, la France et la Grande-Bretagne qu'il accuse d'avoir violé l'accord de 2003. A l'époque, la République - qui dément avoir des objectifs militaires - avait accepté de suspendre ses activités d'enrichissement à proprement parler. Mais l'AIEA, dans sa résolution adoptée samedi, la presse d'étendre cette suspension aux activités en amont, telles que la construction de centrifugeuses ou la conversion de "yellow cake" (état primitif de l'uranium). Des opérations qui n'étaient pas visées par l'accord, assure l'Iran qui pendant 18 ans a tenu secrètes toutes ses activités nucléaires.

Les pays du mouvement des Non Alignés voulaient que l'AIEA renonce à son exigence sur l'enrichissement, mais ils n'ont pas eu gain de cause. L'Allemagne a rassuré les pays du tiers monde en soulignant que la demande ne "doit en aucun cas être comprise comme limitant le droit des Etats membres à bénéficier de l'usage pacifique de l'énergie nucléaire". Samedi l'armée iranienne a procédé au tir de deux missiles "de longue portée" contre "un ennemi factice" dans l'ouest du pays.

Par D.S. (avec AFP) le 19 septembre 2004 à 10:22
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