Irak : les ONG sur le départ

Par D.S., le 09 septembre 2004 à 07h42 , mis à jour le 09 septembre 2004 à 14h25

La majorité des ONG internationales s'apprêtent à quitter l'Irak après l'enlèvement de deux Italiennes et de deux Irakiens. Par ailleurs, les ravisseurs des deux journalistes français auraient annoncé une décision prochaine concernant leurs otages.

InterSOS ONG organisation non gouvernementale irak (LCI) © LCI

L'enlèvement mardi de deux Italiennes et de deux Irakiens travaillant pour des organisations non gouvernementales italiennes en Irak pose la question du retrait des ONG de ce pays en proie à la guérilla, sinon à la guerre. Mercredi, le coordinateur des activités de ces organisations en Irak a laissé entendre que la plupart des 50 ONG présentes dans le pays se préparaient à la quitter. Les vols quittant le pays seraient complets jusqu'à vendredi.

Mais plusieurs ONG ont tenu à préciser depuis lors qu'elles n'avaient pas encore statué sur leur retrait. Toute la question est de savoir si les ONG ont été visées en tant que telles ou à cause de leur lien avec l'Italie, pays allié aux Etats-Unis dans la guerre contre le régime de Saddam Hussein. En Italie, gouvernement et opposition entendent montrer un front uni. La secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères entame jeudi une tournée au Caire, à Beyrouth, Amman, Sanaa et Damas. Le chef de la diplomatie italienne Franco Frattini a demandé l'aide de l'Iran.

Otages français : décision imminente ?

Par ailleurs, les ravisseurs des deux journalistes français, Christian Chesnot et Georges Malbrunot, enlevés le 20 août avec leur chauffeur, auraient annoncé qu'ils allaient prendre une décision prochaine concernant leurs otages. Dans un message qui doit être authentifié, l'Armée islamique en Irak n'a pas donné de détails sur ce qu'elle pourrait décider mais a démenti avoir exigé il y a deux jours une rançon de cinq millions de dollars en échange de leur libération, ou fixé un nouvel ultimatum de 48 heures. Jeudi, les dirigeants de la majorité et de l'opposition, réunis à Matignon par Jean-Pierre Raffarin, ont réaffirmé "l'unité nationale". 

Sur le terrain, alors que le seuil des 1000 Américains tués a été dépassé mardi, des avions de combat américains bombardent depuis mercredi, la zone industrielle de Falloujah, à 50 km à l'ouest de Bagdad, et Tal-Afar à 450 km au nord de la capitale. Le bilan serait d'une quarantaine de morts. Le président George W. Bush a rendu hommage aux soldats américains morts au combat et a affirmé que son pays "est encore sur l'offensive". "Nous pourchassons les tueurs à l'étranger pour ne pas avoir à les affronter chez nous. Nous faisons de bons progrès", a affirmé George Bush. Son adversaire démocrate à la présidentielle John Kerry a vivement attaqué les  "mauvais choix" du président Bush qui "ont conduit l'Amérique dans la mauvaise direction".

Les Italiennes aux mains de sbires de Saddam ?

Les ravisseurs des deux Italiennes pourraient être d'anciens agents des services spéciaux de Saddam Hussein, selon le Corriere della Sera. Le quotidien affirme que "le mode d'opération des ravisseurs ressemble de près celui des agents des équipes spéciales de Saddam Hussein", soulignant qu'il s'agissait "de gens bien entraînés, éduqués, bien coiffés, parlant un arabe impeccable, à 100% des Irakiens de la bonne société et qui avaient étudié les plans du siège" des ONG italiennes. "Peut-être les membres de ces services se sont-ils recyclés et travaillent-ils aujourd'hui pour l'extrémisme islamique, ou pour les  ex-Baassistes qui opèrent entre Falloujah et Mahmoudia, près de Bagdad", avance  le journal, citant un ex-officier du Mukhabarrat, les anciens services secrets de Saddam Hussein. Ces rapts n'ont pas été revendiqués de façon jugée fiable par les services spécialisés italiens.

(Image LCI : les ONG à l'oeuvre)

Par D.S. le 09 septembre 2004 à 07:42
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