La Turquie ne pénalisera pas l'adultère

Par F.A., le 14 septembre 2004 à 15h23 , mis à jour le 14 septembre 2004 à 15h46

Le gouvernement turc a finalement décidé de ne pas soumettre au Parlement la disposition punissant d'un an de prison les relations extra-conjugales. Le texte, controversé, tombait mal alors que la Turquie souhaite être candidate à l'entrée dans l'UE.

drapeau turquie drapeau © INTERNE

Afin d'accroître ses chances d'adhérer à l'Union européenne, la Turquie a lancé ces dernières semaines une grande refonte de son code pénal. Inspiré de celui de l'Italie fasciste, il date de 1926. Les nouvelles dispositions, étudiées depuis ce mardi par le Parlement, doivent notamment réprimer la torture et élargir les libertés individuelles. Mais elles ont en grande partie été éclipsées par l'un des articles du projet de loi. Le texte en question devait en effet sanctionner l'adultère, qui,  considéré comme un délit, aurait pu être passible d'une amende et surtout d'un an de prison.

 

Outre celle de l'opposition parlementaire, le projet a déclenché la colère des laïcs et des associations de défense du droit des femmes. "C'est un retour en arrière. Cette disposition existe uniquement dans les pays où s'exerce la charia" faisait remarquer l'avocate Senel Sahiran. "L'Etat n'a rien à voir dans ma chambre à coucher" lançaient également les détracteurs.

 

"Une loi qui garantisse les libertés"

 

Surtout, intervenant dans le contexte de l'éventuelle adhésion de la Turquie à l'UE, cette disposition sur les relations extra-conjugales tombait au plus mauvais moment. La Commission européenne doit ainsi rendre son rapport sur l'ouverture des négociations le 6 octobre. Lors de sa visite dans le pays, la semaine dernière, le commissaire à l'élargissement, Günter Verheugen, expliquait  que le texte risquait "d'induire en confusion les gens et porterait atteinte à la perception qu'on a dans l'Union de l'effort de réformes en Turquie. Il pourrait être mal compris ou compris comme une concession qui est faite en Turquie aux franges les plus conservatrices de la société".

Finalement, dès l'ouverture des débats, le gouvernement turc a fait marche arrière et donc choisi de ne pas soumettre la disposition au Parlement. "Nous avons conclu un accord pour présenter une loi garantissant les droits et les libertés" explique simplement le ministre de la Justice, Cemil Cicek, après ses entretiens avec le leader du Parti républicain du peuple (CHP, centre-gauche), Deniz Baykal, et le ministre des Affaires étrangères, Abdullah Gul.

Par F.A. le 14 septembre 2004 à 15:23
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