© Commission européenneParlement européen, an I. Pour la première fois de son histoire, le Parlement, dont les textes européens prévoient qu'il "investit la Commission", a fait entendre sa voix sur la composition du futur exécutif européen. Devant la menace de plus en plus tangible de se voir refuser l'investiture des eurodéputés, le président de la future Commission semble prêt à remanier son équipe pour éviter un blocage. "Je changerai le nécessaire et le suffisant", a-t-il déclaré.
Mercredi, José Manuel Durao Barroso a demandé et obtenu, au Parlement européen, le report du passage devant les eurodéputés - initialement prévu le jour même. L'ex-Premier ministre portugais a expliqué vouloir mettre ce délai à profit pour consulter, non seulement les élus, mais surtout les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union. Ceux-ci avaient cautionné la composition de la Commission. Des rencontres pourraient avoir lieu dès vendredi en marge du sommet de Rome pour la signature du Traité constitutionnel, voire le 5 novembre lors du sommet de Bruxelles.
Commissaires menacés
Le groupe socialiste avait donné son accord à ce scénario, son président, Martin Schulz, évoquant un délai d'un mois. Son homologue du groupe démocrate et libéral (ADLE, 88 élus), Graham Watson, s'est en revanche prononcé mardi contre un report du vote, si cette mesure n'est pas accompagnée de la démission du commissaire italien, Rocco Buttiglione. Lâché par son propre gouvernement, le commissaire italien dont les propos controversés sur l'homosexualité et la famille ont déclenché la crise, est donc sur un siège éjectable.
Mais le remaniement pourrait être beaucoup plus large, puisque six autres commissaires pressentis ont été épinglés lors des auditions par les commissions parlementaires. La Néerlandaise Neelie Kroes a siégé dans plusieurs conseils d'administration, ce qui pourrait entraîner des conflits d'intérêts dans plusieurs dossiers dont elle aura à traiter en tant que commissaire à la Concurrence.
La Danoise Mariann Fischer Boel (Agriculture), la Lettone Ingrida Udre (Fiscalité) et le Hongrois Lazslo Kovacs (Energie) ont aussi été l'objet de critiques.(Image Commission européenne: le président Barroso)
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