
Malheur aux vaincus. Depuis l'échec de sa médiation parallèle en vue de libérer les otages français en Irak, Didier Julia est sous le feu de toutes les critiques. De retour en France depuis lundi soir, le député UMP espérait être entendu mardi après-midi par la commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale. Mais, de source parlementaire, on indiquait que rien de tel n'était prévu à l'agenda.
A l'en croire, l'élu de Seine-et-Marne soumettra "tranquillement tous les éléments d'information et de preuves" démontrant que sa tentative et celle de son collaborateur Philippe Brett, bien qu'infructueuses, n'étaient pas une supercherie. Répondant aux attaques de la majorité et de l'opposition, il a rétorqué: "Beaucoup de crachats retomberont sur la figure de ceux qui les ont lancés".
Ambassades à disposition
Depuis samedi, la classe politique s'est déchaînée contre Didier Julia, l'opposition mettant en cause la responsabilité du gouvernement et de l'UMP, la majorité se désolidarisant de l'initiative du député. Celui-ci a reconnu lundi n'avoir "aucun mandat, ni de l'Elysée, ni de Matignon, ni de personne". En revanche, il a assuré sur TF1 que "l'Elysée était au courant depuis le départ". L'Elysée a assuré lundi que "les pouvoirs publics n'ont découvert la réalité de l'opération […] qu'après qu'elle eût été engagée."
Or, Didier Julia soutient qu'il avait reçu le 30 septembre, avant son départ pour Damas, un appel du directeur de cabinet du ministre des Affaires étrangères. "Il m'a dit que les services des différentes ambassades étaient naturellement à ma disposition pour nous apporter leur concours", a-t-il affirmé.
Mise au point immédiate du Quai d'Orsay qui reconnaît deux communication avec le député : "Une première fois, le mercredi 29 septembre en fin de matinée, pour l'avertir des risques pour la sécurité des otages de démarches publiques intempestives et pour demander à M. Brett de se rapprocher de notre ambassade à Bagdad. Une seconde fois, en fin de matinée le jeudi 30 septembre. Après que M. Julia (l'eut) informé de son voyage imminent à Damas, le directeur de cabinet lui a indiqué, en réponse à sa demande, qu'il pourrait rencontrer les services de l'ambassade, comme tout parlementaire y a droit".Visas officiels
Selon Libération, l'ambassade de France à Damas aurait elle-même sollicité par lettre officielle en date du 30 septembre "un visa pour Didier Julia et un journaliste" d'une télévision française, afin de les autoriser à pénétrer en Syrie par le Liban. Une allégation confirmée mardi en milieu de journée par le Quai d'Orsay. "Après avoir pris connaissance des déclarations publiques de Didier Julia et de Philippe Brett, nous n'avons pas voulu entraver leur initiative bien que nous n'ayons pas été informés de son contenu", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères.
"Sincèrement, j'ai cru que nous allions y arriver", a expliqué Didier Julia. "Ce que je n'accepte pas, c'est qu'on dise aux familles des otages que notre action a pu mettre leurs vies en danger", a insisté le parlementaire. "C'est un mensonge moralement scandaleux car les services officiels qui disent ça voudraient me considérer comme le bouc émissaire de leur impuissance depuis 44 jours", a-t-il contre-attaqué, estimant que sa mission avait permis de soustraire les otages des mains de l'Armée islamique. "C'est quand même un pas en avant ; même s'il reste à les retrouver, ils ne sont plus en danger de mort", a-t-il dit. Cela reste à prouver.
(Image LCI : Didier Julia)
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