© Commission européeneSi Jose Manuel Durao Barroso a demandé et obtenu mercredi matin un délai supplémentaire avant de proposer une nouvelle Commission à l'investiture des eurodéputés, il s'est refusé à dire en quoi consisteraient les remaniements. "Je changerai le nécessaire et le suffisant", s'est borné à commenter mercredi le futur président de l'Exécutif bruxellois, après avoir renoncé à affronter les parlementaires européens dans l'immédiat. "Il n'y aura pas un remaniement extensif. Ce sera quelque chose de très limité", a-t-il précisé jeudi matin sur Europe 1.
Le chef des libéraux au Parlement européen, Graham Watson, et le patron des députés socialistes, Martin Schulz, lui ont conseillé de revenir sans l'Italien Rocco Buttiglione à l'origine de la crise. Mais le remaniement pourrait concerner six autres commissaires épinglés lors des auditions par les commissions parlementaires. La Néerlandaise Neelie Kroes a siégé dans divers conseils d'administration, ce qui pourrait entraîner des conflits d'intérêts avec son portefeuille à la Concurrence.
La Danoise Mariann Fischer Boel (Agriculture), la Lettone Ingrida Udre (Fiscalité) et le Hongrois Lazslo Kovacs (Energie) ont aussi été l'objet de critiques.Passage par le Conseil
Un lecture stricte des principes communautaires semble interdire à Barroso de renvoyer l'un ou l'autre des commissaires pressentis, car ces derniers ont reçu l'assentiment des chefs d'Etats et de gouvernements. Tout juste pourrait-il redistribuer les portefeuilles. Le Portugais pourrait espérer une démission des membres posant problème. Mais les commissaires désignés et leurs gouvernements respectifs ne semblent pas disposés à lâcher leur siège. A commencer par Buttiglione lui-même à qui le chef de la diplomatie italienne, Franco Frattini, a réaffirmé son soutien mercredi après-midi. La Lettonie ne s'est pas prononcée pour l'instant.
Jose Manuel Durao Barroso n'a guère d'autre choix que de s'en remettre aux chefs d'Etats et de gouvernements, avec l'espoir qu'ils se mettent d'accord rapidement sur de nouveaux noms. Cela fait, le président de la future Commission devra engager de nouvelles discussions avec les différentes forces politiques du Parlement. Les dirigeants européens, qui se retrouvent vendredi à Rome pour la signature de la Constitution européenne, discuteront de manière informelle de la future Commission européenne. Ils pourront le faire à nouveau de manière plus formelle lors du sommet des 4 et 5 novembre à Bruxelles.
(Image Commission européenne : Barroso)
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