
Plus qu'un échec, l'opération de médiation menée par Julia pour obtenir la libération des deux otages français en Irak repose en partie au moins sur des mensonges, selon les informations du Journal du Dimanche et de Radio France Internationale. D'après un source proche du dossier citée par le JDD, Philippe Brett, l'intermédiaire qui assurait vendredi se trouver aux côtés de Christian Chesnot et Georges Malbrunot en Irak, se trouvait en réalité dans la banlieue de Damas.
RFI, qui tient ses renseignements des services de renseignements syriens, israéliens et français, confirme que cet ancien garde du corps d'un responsable du Front national se trouvait probablement en Syrie et non en Irak : son téléphone cellulaire l'aurait trahi, le localisant vendredi dans la banlieue de la capitale syrienne. Un proche des services de renseignements, cité par le JDD, évoque la "mythomanie légendaire" de l'individu.
"Cesser l'agitation"
Au centre de toutes les critiques, le député français Didier Julia a quant à lui quitté Damas dimanche dans la matinée et est attendu à Paris dans les heures qui viennent. "Ma mission n'est jamais terminée en tant que député", a indiqué tout sourire le vieil homme qu'une source du JDD soupçonne d'être manipulé par Damas. Selon Julia, le convoi qui transportait les otages en route pour Damas a été pris pour cible par des tirs américains avant la frontière et a dû rebrousser chemin, mettant fin aux espoirs d'une libération immédiate des Français et de leur chauffeur syrien.
Samedi, le président Jacques Chirac s'est déclaré "inquiet" de cette initiative et a espéré qu'elle n'aurait pas de conséquences négatives. Dimanche, brisant le consensus politique qui avait prévalu jusqu'alors dans la gestion de la crise, le Premier secrétaire du PS, François Hollande, a demandé à l'UMP et au gouvernement de "faire cesser immédiatement l'agitation, la confusion et le mélange des genres" nés de la mission privée du député UMP.
Espoir déçu |
Fereydoun Jahani, diplomate iranien, a été libéré le 27 septembre par ses ravisseurs irakiens. Les autorités françaises espéraient beaucoup du témoignage de cet homme détenu pendant près de deux mois par l'Armée islamique en Irak, le même groupe qui détiendrait Chesnot et Malbrunot. Mais, si l'on en croit Téhéran, le diplomate "n'a pas d'information sur les otages français". "Si Dieu veut, ils seront bientôt libérés", a-t-on ajouté dans la capitale iranienne.
(Image LCI : Didier Julia)
Retour MYTF1
Chargement en cours...




