© INTERNE"L'opération donne finalement à notre président le statut d'homme d'Etat". Sans surprise, les partisans de Gianfranco Fini, président de l'Alliance nationale, pavoisent après sa nomination à la tête de la diplomatie italienne. Les médias font quant à eux remarquer qu'il s'agit de la conclusion de plusieurs mois d'affrontements avec Silvio Berlusconi sur la politique à mener afin de stopper le cycle des défaites électorales avant les élections législatives de mai 2006.
Né le 3 janvier 1952 à Bologne dans le "coeur rouge" de l'Italie, marié et père de deux enfants, Gianfranco Fini a adhéré à 17 ans au vieux parti néo-fasciste Mouvement social italien (MSI). Une fois arrivé à sa direction, il en a fait l'Alliance Nationale (AN) en 1994 et il en est depuis le président. Excellent orateur et politicien madré, il a su faire oublier son sulfureux passé et a réussi à transformer le vieux parti néo-fasciste en une force de "droite moderne", pesant près de 12% des suffrages. Il a ainsi fait accomplir un bond à AN, qui a obtenu 110 députés lors des législatives de 1994, contre seulement 34 députés du MSI à peine deux ans plus tôt. Il compte actuellement 96 élus à la Chambre et 46 sénateurs.
Rupture avec l'héritage mussolinien
Pour cela, il a définitivement rompu avec l'héritage mussolinien. Il l'a fait sans ménagement en décembre 2003, depuis Jérusalem, en condamnant le fascisme comme le "mal absolu" et la République sociale italienne créée en 1943 par Mussolini comme "une page honteuse de l'histoire de l'Italie". Pourtant, en 1992, il affirmait encore que Mussolini, dont les dernières années de pouvoir ont été marquées par des déportations de juifs, était "le plus grand homme d'Etat du 20ème siècle".
Cheveux courts, la silhouette élancée, le regard vif derrière des lunettes à monture métallique, toujours impeccablement habillé, Gianfranco Fini a mis du temps pour acquérir son image d'homme d'Etat. Sa légitimation personnelle est venue avec sa nomination en janvier 2002 comme représentant de l'Italie au sein de la Convention chargée de préparer le texte de la Constitution européenne. L'homme a su se faire apprécier, a montré un engagement européen et a gagné en sympathie.
Son ambition est désormais de faire adhérer l'Alliance nationale au groupe du Parti populaire européen (PPE, droite) au Parlement européen. Ce sera difficile, car la base et une partie des cadres du parti n'ont pas évolué à la même vitesse et restent très attachés au passé fasciste.
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