Arafat pleuré et vilipendé

Par AG (avec afp), le 11 novembre 2004 à 08h52 , mis à jour le 12 novembre 2004 à 00h51

Entre émotion, regret et soulagement, les réactions à travers le monde à la mort du président de l'Autorité palestinienne sont contrastées. Jacques Chirac regrette "l'homme de courage et de conviction", George W. Bush évoque "un moment significatif dans l'histoire palestinienne".

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  • FRANCE

Jacques Chirac : "C'est avec émotion que je viens d'apprendre le décès du président Yasser Arafat (…). Avec lui disparaît l'homme de courage et de conviction qui a incarné, pendant 40 ans, le combat des Palestiniens pour la reconnaissance de leurs droits nationaux". "Au peuple palestinien, je veux exprimer, en ce moment de deuil, l'amitié de la France et du peuple français. Puisse la perte qu'ils viennent de subir réunir tous les Palestiniens". Et d’ajouter : "La France, comme ses partenaires de l'Union européenne, maintiendra avec fermeté et conviction son engagement en faveur de deux Etats - un Etat palestinien viable, pacifique et démocratique, et l'Etat d'Israël - vivant côte à côte dans la paix et la sécurité. La Feuille de route, approuvée par Yasser  Arafat, ouvre cette perspective. La communauté internationale doit peser de tout son poids pour la mettre en oeuvre".

L'ancien Premier ministre socialiste Lionel Jospin a souligné que ses relations avec Yasser Arafat étaient "chaleureuses" et il a salué "l'engagement de toute une vie". François Baroin, secrétaire général délégué de  l'UMP, a souhaité qu'après cette mort, Palestiniens et Israéliens "trouvent de nouveaux modes de dialogue".

  • USA

George W. Bush : "La mort de Yasser Arafat est un moment significatif dans l'histoire palestinienne. Nous exprimons nos condoléances au peuple palestinien". "Pour le peuple palestinien, nous espérons que l'avenir apportera la paix et la concrétisation de leurs aspirations à une Palestine indépendante, démocratique qui soit en paix avec ses voisins". "Durant cette période de transition qui survient, nous appelons les gens dans la région et dans le monde à faire ensemble des progrès vers ces objectifs et vers le but ultime de la paix", a-t-il souligné.

Bill Clinton : "Quelle que soit la manière dont d'autres le (ndlr : Arafat) voyaient, les Palestiniens le considéraient comme le père de leur nation. Je regrette qu'en 2000 il ait manqué l'occasion de faire naître cette nation et prie pour le jour où les rêves du peuple palestinien pour un Etat et une vie meilleure se réaliseront dans une paix juste et durable".

  • NATIONS UNIES

Kofi Annan : le secrétaire général s’est dit "profondément ému" par le décès du dirigeant palestinien, "qui pendant près de quatre décennies, a exprimé et symbolisé les aspirations nationales du peuple palestinien. Le président Arafat restera dans les mémoires comme celui qui a, en 1988, conduit les Palestiniens à accepter le principe d'une coexistence pacifique entre Israël et un futur Etat palestinien".

  • UNION EUROPEENNE

Javier Solana, Haut représentant de l'Union européenne pour la politique étrangère : "Avec la disparition de Yasser Arafat, le peuple palestinien a perdu un dirigeant historique. Plus que d'autres, sa vie témoigne de l'histoire agitée et tragique du Proche-Orient. La meilleure contribution à la mémoire du président Arafat sera d'intensifier nos efforts pour bâtir un Etat palestnien viable et pacifique, comme prévu par la feuille de route".

  • ISRAEL

Moshé Katzav, président israélien : "La mort d’Arafat peut constituer le début d'un nouveau chapitre. J'espère que la nouvelle direction palestinienne prendra une nouvelle voie en vue de mettre fin au terrorisme et à  la violence, ce qui permettra la reprise des négociations".

Ariel Sharon, Premier ministre : "La mort d'Arafat peut marquer un tournant historique pour le Moyen-Orient. Nous espérons que la nouvelle direction palestinienne qui va lui succéder comprendra que des progrès dans les relations avec Israël et les solutions des problèmes dépendent avant tout de la guerre contre le terrorisme qu'ils doivent mener".

Yossef Lapid, ministre israélien de la Justice : "Le soleil brille au Moyen-Orient et dans le monde, car Arafat était non seulement le chef du terrorisme contre Israël, mais aussi le père géniteur du  terrorisme qui sévit dans le monde actuellement, y compris Al-Qaïda. Tout ce terrorisme est issu d'Arafat et il est bon que le monde en soit débarrassé".

Shimon Peres, chef de l'opposition travailliste : " Yasser Arafat a commis une erreur en s'engageant sur la voie du terrorisme et nous en avons tous payé le prix", a déclaré le dirigeant de l'opposition travailliste et co-lauréat avec Arafat du prix Nobel de la paix en 1994. "Ces dernières années, il a voulu être populaire, mais un dirigeant doit parfois savoir aller à contre courant vis-à-vis de son opinion publique". Il a cependant relevé "qu'Arafat avait fait une partie de la route en reconnaissant Israël dans les frontières de 1967", sans quoi, selon lui "rien  n'aurait été possible".

  • GAZA

Brigades des martyrs d'Al-Aqsa, groupe armé proche du Fatah de Yasser Arafat : Les brigades "rendent l'ennemi sioniste et le gouvernement (d'Ariel) Sharon totalement responsables de l'assassinat du dirigeant-symbole Abou Ammar (ndlr : Yasser Arafat) pour l'avoir assiégé" pendant trois ans à la Mouqataa, son quartier général à Ramallah, ajoute le texte. Les Brigades "appellent tous ses activistes à être en état d'alerte et à asséner des coups aux positions de l'occupant partout où il se trouve".

Hamas : "J'accuse Israël d'avoir empoisonné le sang de Abou Ammar", a déclaré Khaled Mechaal, le chef du bureau politique de l’organisation, en soulignant que les médecins de l'hôpital militaire près de Paris n'avaient pas pu détecter ce poison et rappelant l'empoisonnement dont il avait  été lui-même victime. "Il y a sept ans, lorsque j'ai été victime d'une opération d'empoisonnement similaire, les médecins n'avaient pas pu en trouver la preuve dans mon sang. Mais à l'époque, Israël avait été obligé de fournir le remède, parce que nous avions entre nos mains deux agents du Mossad (services de renseignement israéliens)". "C'est Israël qui a tué Yasser Arafat. En tuant aujourd'hui Arafat, Israël a tué le processus de règlement. Il a tué celui qui a créé avec lui ce processus".

  • Ailleurs dans le monde

Le Premier ministre Tony Blair a présenté ses condoléances au peuple palestinien et rappelé que le processus de paix constituait la "plus haute" priorité de la communauté internationale. "Nous ferons tout ce que nous pouvons avec les Etats-Unis et l'Union  européenne pour aider les parties à atteindre un règlement juste et durable", a-t-il précisé. Pour le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi, "le peuple palestinien perd un symbole avec la mort d'Arafat".

Le président russe Vladimir Poutine a souligné que la mort de Yasser Arafat était "une lourde perte" pour le peuple palestinien. Son homologuie chinois, Hu Jintao, a salué en Yasser  Arafat la mémoire d'un "dirigeant remarquable" et d'un "homme  politique éminent". L'Indonésie, plus grand pays musulman du monde et soutien de longue date de la cause palestinienne, s'est dite jeudi "attristée"  par la mort du président de l'Autorité palestinienne, le qualifiant de "héros".

Photo d'ouverture : tristesse dans les rues de Ramallah - DR

Par AG (avec afp) le 11 novembre 2004 à 08:52
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