© E-TF1Un grand drapeau palestinien accroché au mur d'enceinte du bâtiment, des bouquets de fleurs, des portraits du raïs, des inscriptions "Arafat, on t'aime", des bougies au sol : après une nuit de prière, quelques fidèles de Yasser Arafat continuaient à veiller le président palestinien vendredi matin devant l'entrée de l'hôpital militaire Percy, à Clamart, en banlieue parisienne. Depuis la semaine dernière et l'arrivée du vieil homme, le lieu est devenu le rendez-vous des sympathisants de la cause palestinienne –et par ricochet, des journalistes du monde entier qui font le pied de grue devant l'établissement.
A l'annonce des rumeurs sur la mort de leur héros, jeudi en fin d'après-midi, plusieurs dizaines de personnes s'étaient rassemblées spontanément à Clamart. Certaines ont ensuite décidé de passer la nuit sur place, positionnées derrière les barrières installées par les CRS pour canaliser les allées et venues. C'est le cas d'Ahmed, un Algérien de 51 ans, qui s'est chargé spontanément de l'aménagement du lieu. "Je n'ai pas encore dormi. Mais je tiens à rendre hommage à cet homme et à prier pour son âme" explique-t-il les traits tirés. "Arafat ne mourra jamais. Il restera toujours dans nos coeurs" ajoute Zhara, 28 ans, venue quant à elle pour la première fois, tandis qu'un "Arafat, réveille-toi" se fait entendre.
Ahmed a passé la nuit sur place
E-TF1-
"Bush, c'est lui le terroriste"
A quelques mètres de là, Assira, 46 ans, n'arrive toujours pas à croire à un éventuel décès. "On avait eu des informations rassurantes en début de semaine. On se préparait à faire la fête" raconte-t-elle, la voix tremblante, avant d'éclater en sanglots et d'aller rallumer les bougies éteintes par le vent. "C'est pas juste" se dit-elle à elle-même. Et quand une télévision américaine souhaite lui poser quelques questions, elle refuse. "Je ne vous parle pas à vous" lance-t-elle à la journaliste. "J'aime pas Bush" renchérit-elle quelques secondes plus tard. "Bush, c'est lui le terroriste. Il est pire que Sharon. Tout ce qui se passe en Palestine, c'est de sa faute. Tant qu'il sera là, il y aura toujours plus de sang et de suicides. Je suis prête à me venger" crie-t-elle, furieuse, tandis que la caméra la filme.
"Vivre en paix" 
Des bougies pour le raïs
E-TF1-
Sans être aussi catégorique qu'Assira, les autres fidèles du raïs abordent également le problème du
conflit israélo-palestinien. "On est ici pour Arafat, l'homme, mais aussi pour le symbole qu'il représente. C'est une manière d'envoyer un message à celui qui vient de conserver son pouvoir. Nous n'en voulons pas au peuple américain, ce n'est pas de sa faute, il est ignorant. Mais Bush n'est qu'une parenthèse, Arafat, lui, c'est une phrase" affirme Samir, 33 ans, un Franco-Marocain. Comment voit-il l'après-Arafat ? "Rien ne changera. Il y aura toujours plus d'incompréhension, plus de combats, plus de morts". Yamina, 55 ans, se veut plus optimiste. "Je ne demande qu'une chose : la paix. Un Etat israélien et un Etat palestinien peuvent vivre l'un à côté de l'autre". Et, pour se convaincre, de citer la cohabitation entre musulmans, juifs et chrétiens à Essaouira, au Maroc, d'où elle est originaire…-
Retour MYTF1
Chargement en cours...




