Gbagbo se sent insulté par Chirac

Par D.S., le 15 novembre 2004 à 10h39 , mis à jour le 15 novembre 2004 à 10h52

Le président ivoirien répond lundi par voie de presse à son homologue français qui avait exprimé la veille la crainte d'une dérive fasciste du régime ivoirien. Le Conseil de sécurité de l'ONU doit étudier lundi un projet d'embargo sur les armes.

[Expiré] [Expiré] Gbagbo Laurent président côte d'Ivoire AFP © AFP

Laurent Gbagbo poursuit lundi dans Libération son échange d'amabilités avec le président Jacques Chirac. Alors que ce dernier s'est inquiété dimanche du risque de dérive vers le fascisme du "régime contestable" du président ivoirien, celui-ci lui rétorque dans les colonnes du quotidien que la France "a soutenu le parti unique en Côte d'Ivoire pendant quarante ans". "Qu'est ce qui est le plus proche du parti unique que le fascisme ?, demande Laurent Gbagbo, c'est nous qui étions en prison sous le régime de parti unique soutenu pas la France ! C'est une insulte".

Evoquant les incidents de Bouake au cours desquels neuf soldats français ont été tués et trente personnes blessées par l'aviation ivoirienne, le président ivoirien estime qu' "objectivement la France a pris parti pour les rebelles". "J'ai développé la démocratie et je n'ai jamais égratigné aucun intérêt économique français", plaide-t-il. "Et voilà que nous avons été attaqués. Au lieu de désarmer [les rebelles], c'est mois qu'on juge. C'est une injustice inacceptable et intolérable, et nous ne l'acceptons pas", conclut Gbagbo.

"Embargo immédiat"

La réponse de Paris s'est faite lundi matin par la voix de Michèle Alliot-Marie. La ministre de la Défense a rappelé que "la première responsabilité" du président ivoirien était "de rétablir le calme" dans le pays et de faire "cesser les appels à la chasse anti-Blancs". La ministre a insisté sur l'implication de "l'entourage immédiat" de Laurent Gbagbo. Assurant que les ressortissants d'"une vingtaine de pays", européens et non européens, se sentaient menacés, la ministre a rappelé que la France souhaitait le vote à l'ONU d'un embargo sur les armes et la relance du "processus politique, la seule solution" pour la Côte d'Ivoire.

Dimanche, le sommet extraordinaire de l'Union Africaine, auquel ont participé six chefs d'Etat, a demandé un "embargo immédiat" sur les armes et soutenu le projet français de résolution qui doit être examiné lundi par le Conseil de sécurité des Nations Unies. Absent de ce sommet auquel il avait été invité, Gbagbo avait mandaté le président de l'Assemblée nationale, Mamadou Koulibaly, considéré comme un dur du régime. Sur le terrain, la récente coupure de l'électricité dans la partie nord du pays occupée par les rebelles faisait craindre une attaque imminente de l'armée gouvernementale ivoirienne.

(Photo AFP : Laurent Gbagbo)

Par D.S. le 15 novembre 2004 à 10:39
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