© AFP/ANP/OudenaardenSamedi matin à Helden, une mosquée en bois est ravagée par les flammes. Les causes sont encore inconnues mais le recteur n'a pas de doutes : il s'agit d'un incendie criminel. Les enquêteurs penchent également dans ce sens. Depuis l'assassinat le 2 novembre du réalisateur provocateur, Theo van Gogh, par un Maroco-Néerlandais au nom d'un islam radical, plus d'une dizaine de lieux de cultes ou écoles musulmans ont été la cible de profanations ou d'attaques. L'incident le plus grave a touché une école islamique d'Eindhoven, où une bombe a explosé lundi. Deux églises ont également été incendiées. Des représailles ?
Vendredi, la reine Beatrix a rencontré un groupe de jeunes Marocains à Amsterdam et réaffirmé l'égalité de tous aux Pays-Bas. La ministre de l'Immigration a déclaré quant à elle que le gouvernement ne permettrait "pas que la communauté musulmane soit exclue et mise en accusation (...), qu'on rentre dans une spirale de peur et de haine". Cette violence écorne la réputation de tolérance dont s'enorgueillissent les Néerlandais. Elle les a profondément choqué aussi.
"Avons-nous été naïfs ?"
Le siège durant 14 heures d'un appartement de La Haye d'où des terroristes ont lancé une grenade sur les policiers, a bouleversé l'opinion publique. D'autant plus qu'on apprenait par après que deux des sept islamistes arrêtés avaient des liens avec un Marocain détenu en Suisse pour son implication probable dans l'attentat de Casablanca. Ces terroristes projetaient selon la presse d'assassiner des parlementaires. Pour compléter le tableau, et bien que cette affaire ne soit officiellement pas une suite de l'assassinat de Van Gogh, les autorités ont démantelé vendredi un camp d'entraînement de terroristes kurdes, opposés à Ankara.
Tout en appelant au calme, le gouvernement a annoncé une série de mesures pour lutter contre le terrorisme et le radicalisme musulman. Il voudrait notamment retirer la nationalité néerlandaise aux bi-nationaux qui mettraient en danger les intérêts vitaux de l'Etat, accroître la surveillance des mosquées radicales ainsi que les capacités des services de renseignement. "Nous devons nous demander si nous n'avons pas été naïfs ces dernières années, nous demander aussi si nous n'avons pas pendant si longtemps accepté n'importe qui", déclarait mercredi la ministre de l'Immigration.
(Image AFP/ANP/Ed Oudenaarden : les forces de l'ordre néerlandaises lors du raid du 10 novembre)
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