Paris accuse Gbagbo de désinformation

Par AFP, le 21 novembre 2004 à 11h39 , mis à jour le 21 novembre 2004 à 11h44

La ministre de la Défense a récusé dimanche les accusations selon lesquelles les soldats français auraient décapité de jeunes Ivoiriens. La veille, le président ivoirien avaient donné du crédit à des témoignages accusateurs.

Michèle Alliot-Marie présidente RPR portrait 02/02/02 © INTERNE

Michèle Alliot-Marie a estimé dimanche, après de nouvelles accusations du président ivoirien, que "l'outrance même des termes employés leur enlève toute crédibilité". Répondant à une question sur un forum de discussion du "Nouvel Observateur", Laurent Gbagbo a déclaré samedi que les témoignages faisant état de la présence dans des morgues d'Abidjan de corps de jeunes Ivoiriens "décapités par l'armée française" pouvaient être considérés comme "vrais", bien que le dirigeant reconnaisse ne pas l'avoir constaté lui-même.

Notant "que les ONG internationales n'ont pas eu le droit d'accéder au centre hospitalier," la ministre a estimé que Laurent Gbagbo "se place dans le registre de la manipulation des foules à Abidjan en l'absence de toute presse libre et indépendante". "Ces propos relèvent de la désinformation, comme ceux qui ont conduit par exemple le président Gbagbo à mettre en doute la réalité des victimes militaires françaises de Bouaké", a ajouté la ministre de la Défense sur France Inter.

"Extrêmement inquiétant"

Laurent Gbagbo "a été élu par les Ivoiriens et donc à ce titre, nous considérons qu'il est un président légitime. Nous le rappelons à ses responsabilités, notamment en matière de sécurité publique", a souligné Michèle Alliot-Marie. "Plutôt que de relancer des invectives de cette nature, le président Gbagbo devrait prendre la mesure de ses responsabilités. Il en va de l'intérêt de la Côte d'Ivoire et de l'intérêt de ses compatriotes", a-t-elle conseillé.

Interrogée sur le climat de haine à l'égard des Français en Côte d'Ivoire, la ministre l'a qualifié d'"extrêmement inquiétant". "Les propos racistes, les propos xénophobes que nous avons entendus de la part de dirigeants ivoiriens  ne sont pas tolérables", a-t-elle dit. Le 11 novembre, le cardinal Bernard Agré, archevêque d'Abidjan, avait déclaré sur les ondes françaises de Radio Vatican : "Je reviens des  hôpitaux, c'est intenable, ces jeunes gens décapités par l'Armée française, ces personnes qui gisent à même le sol".

(Image d'archives : Michèle Alliot-Marie)

Par AFP le 21 novembre 2004 à 11:39
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Monde
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

       Chargement en cours...
      • Le grand quiz de l'info
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        Nous recommandons
        logAudience