UE : Chypre sur la route de la Turquie

Par D.S. (avec AFP), le 17 décembre 2004 à 07h28 , mis à jour le 17 décembre 2004 à 13h51

Les dirigeants de l'Union européenne proposent à Ankara d'ouvrir des négociations d'adhésion le 3 octobre prochain. Ils lui imposent néanmoins de reconnaître préalablement la république de Chypre.

Union européenne UE Jan Peter Balkenende José Manuel Durao Barroso © LCI

Les dirigeants de l'Union européenne sont tombés d'accord jeudi soir au sommet de Bruxelles pour mettre le Vieux Continent sur la voie d'un nouvel élargissement controversé, en décidant d'ouvrir le 3 octobre 2005 des négociations d'adhésion avec la Turquie. Ankara devra néanmoins s'engager d'ici là sur une reconnaissance juridique de Chypre, en étendant aux dix nouveaux Etats membres de l'UE, dont Chypre, l'accord d'association qui lie Ankara à l'Europe depuis 1963 et met en place une union douanière. La date, fixée en fin d'année, laisse le temps de cette reconnaissance mais elle répond surtout au souhait de Jacques Chirac qui craignait que la question turque vienne polluer le référendum français sur la Constitution européenne.

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan n'a pas encore fait connaître sa réponse officiellement. Peu avant l'ouverture du sommet, il avait donné le sentiment d'être prêt à lever l'hypothèque sur Chypre, en affirmant que cette question serait "résolue" avant la fin du sommet. Des tractactions ont eu lieu toute la matinée de vendredi. La Turquie sera désormais prête à signer  une déclaration annonçant son intention de signer un accord qui constitue une reconnaissance implicite de Chypre.

"Pas de garantie d'adhésion"

Selon les points déjà acquis entre les Européens, les futures négociations d'adhésion devraient durer au moins dix à quinze ans et elles pourront être suspendues en cas d'incartade turque aux principes fondamentaux de l'UE. Les chefs d'Etat et de gouvernement des 25 n'ont pas réglé en revanche jeudi soir la question des dérogations permanentes dans certains domaines : libre circulation des travailleurs turcs et aides agricoles et régionales, principalement.

Le Premier ministre néerlandais Jan Peter Balkenende, président en exercice de l'UE, a souligné qu'il n'y aurait "pas de garantie" quant au résultat des négociations. En évoquant une possibilité de rupture des fiançailles avant même que les conditions du mariage aient été arrêtées, les dirigeants européens ont répondu au souci de l'opinion publique de plusieurs pays, dont la France et l'Autriche. Le message est clair : négociation ne veut pas dire adhésion. Les dirigeants européens devraient prôner un "ancrage ferme" de la Turquie à l'Union européenne "avec le lien le plus fort possible", en cas d'échec des négociations. Une formule byzantine pour masquer sans doute l'inconnue juridique et politique que constituerait un tel échec.

Avril 2005 pour la Croatie, si...

Zagreb pourra engager des négociations d'adhésion à l'Union européenne "en avril 2005". Les dirigeants européens lui imposent néanmoins de coopérer de manière satisfaisante avec le Tribunal pénal international. Le texte ne précise pas ce que serait cette "coopération satisfaisante" mais les 25 demandent expressément que soit "localisé et transféré" au Tribunal  international de la Haye, le général Ante Gotovina, inculpé en 2001 de crimes de guerre commis contre des Serbes de Croatie lors du conflit serbo-croate entre 1991 et 1995.

(Image LCI :  le Premier ministre néerlandais et président du Conseil, Jan Peter Balkenende (au centre) et le président portugais de la Commission européenne, Jose Manuel Durao Barroso (à droite))

Par D.S. (avec AFP) le 17 décembre 2004 à 07:28
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