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Le sommet de Bruxelles, au cours duquel les dirigeants de l'Union européenne doivent décider d'ouvrir au deuxième semestre 2005 des négociations d'adhésion avec la Turquie, s'est ouvert jeudi soir vers 19H15. Il commencait par un dîner à huis clos entre les 25 chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE.
Peu avant le début de la rencontre, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a donné le sentiment d'être prêt à lever la dernière hypothèque susceptible de bloquer l'accord attendu. Il a affirmé que l'épineuse question de la reconnaissance par Ankara de la République de Chypre serait "résolue" avant la fin du sommet, vendredi en début d'après-midi.
Quarante et un an après la signature de son accord d'association en 1963 avec la Communauté économique européenne, la Turquie est désormais à quelques heures du lancement effectif de son processus d'adhésion à l'Union européenne, héritière de la CEE. Réunis à Bruxelles jusqu'à demain, les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE s'apprêtent en effet à dire "oui" aux négociations avec Ankara. Mercredi soir, le président français Jacques Chirac a plaidé en faveur du lancement du processus, tout en y posant des conditions. Après ce feu vert probable, la route sera néanmoins encore tortueuse d'ici à l'entrée proprement dite.
Prudents face à un sujet qui déclenche les passions, les dirigeants européens devraient ainsi souligner que les discussions seront longues – une dizaine d'années - et reprendre à leur compte la recommandation de la Commission européenne en faveur d'un "processus ouvert dont le résultat ne peut être garanti avant terme". Cette formule explicite que "négociation ne signifie pas adhésion" est très mal vécue par la classe politique et l'opinion publique turques, qui font remarquer qu'elle n'a jamais été soulevée auparavant. Sauf rebondissement, le sommet ne s'avancera pas en revanche sur une alternative à l'intégration en cas d'échec et se contentera d'affirmer le "lien" que l'UE veut conserver "quoi qu'il arrive" avec Ankara.
Les pourparlers fin 2005 ?
A priori, l'hypothèse d'un "clash" est écartée, malgré les déclarations parfois fermes de Recep Erdogan ces derniers jours. La Turquie, qui a effectué de nombreuses réformes – code pénal, droits de l'homme, justice…- pour répondre aux critères imposés à Helsinki en 1999 puis à Copenhague en 2002, refuse de se voir imposer de nouvelles conditions. Le Premier ministre turc, tout en se disant optimiste, a par exemple souligné que son pays ne dirait pas "oui à tout prix" et était prêt à "retirer sa candidature" si de nouvelles exigences lui étaient imposées. Parmi elles, la question de la reconnaissance de Chypre. Pour la première fois, un Etat candidat à l'adhésion nie en effet l'existence d'un membre de l'Union. Un compromis devrait être trouvé, le ministre des Affaires étrangères chypriote demandant simplement qu'Ankara fasse d'ici mars des pas en direction d'une "normalisation".
Reste également à fixer la date précise du début des pourparlers. Ankara voudrait les lancer dès le premier trimestre 2005. Mais ils ont en fait toutes les chances d'être repoussés à l'automne 2005. Plusieurs pays, notamment la France, souhaitent qu'ils démarrent après leur référendum sur la Constitution de l'UE afin que la question turque ne s'interfère pas dans les débats. Cette formule convient au Royaume Uni, l'un des principaux partisans de l'adhésion et qui présidera alors l'UE.
La Croatie aussi |
Le sommet européen doit aussi fixer au printemps prochain l'ouverture de discussions d'adhésion avec la Croatie. Il confirmera également pour la même période la signature du traité d'adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie, attendues toutes deux dans l'UE dès 2007.
(Image LCI : Recep Erdogan, au centre)
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