
Sept candidats, 1,8 million d'inscrits, 200 observateurs internationaux : deux mois après le décès de Yasser Arafat, les Palestiniens de Gaza, de Cisjordanie et de Jérusalem-Est se rendent aux urnes ce dimanche pour la deuxième élection présidentielle de leur histoire -la première remonte à 1996 et à la victoire de Yasser Arafat. Cette élection, dont les résultats seront connus lundi, devrait être l'aboutissement du processus de transition effectué sans les heurts redoutés après le décès du vieux dirigeant qui tirait toutes les ficelles du pouvoir.
Un gros bémol cependant : le Hamas et le Jihad islamique, les principales organisations islamistes, favorables à la lutte armée contre Israël, appellent au boycott du scrutin, qui découle de l'application des accords d'Oslo contre lesquels elle se sont toujours opposées. Ce boycott suscite donc des interrogations sur la représentativité du futur président de l'Autorité palestinienne.
Un Barghouti peut en cacher un autre
Mahmoud Abbas, dit "Abou Mazen", se présente comme le grand favori du scrutin. Le vieux leader -69 ans-, qui a succédé à Yasser Arafat à la tête de l'OLP, est en effet crédité de plus de 60% des intentions de vote. Ephémère Premier ministre en 2003, il bénéficie de l'absence de Marwan Barghouti. Le chef du Fatah en Cisjordanie, qui purge une peine de prison à vie en Israël, aurait été capable de rivaliser, mais il a finalement renoncé à sa candidature.
Parmi les six autres candidats, seul l'indépendant Moustapha Barghouti –aucun lien de parenté avec Marwan Barghouti- émerge du lot, en étant crédité de 25% des suffrages selon les sondages. Secrétaire général de l'Initiative nationale palestinienne, mouvement politique qui milite pour la démocratie, il dirigeait aussi jusqu'à il y a quelques jours une importante ONG médicale. Sur le plan politique, il s'oppose à la ligne politique actuelle de l'Autorité palestinienne.
Sur la ligne Arafat
Pour beaucoup de Palestiniens, Mahmoud Abbas est plus un choix par défaut qu'un choix par conviction. Il représente surtout l'espoir de parvenir à une paix avec Israël.
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Le souvenir d'Arafat |
Mais il prône également, comme Yasser Arafat, la création d'un Etat palestinien. Le 21 décembre, lors d'une cérémonie marquant la fin du deuil de 40 jours après le décès du raïs, il a ainsi repris l'un des serments du défunt, déclarant : "le jour viendra où un enfant lèvera le drapeau de la Palestine au-dessus des remparts de Jérusalem".
(photo d'ouverture : Abbas en meeting à Naplouse, ce jeudi)
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