
Il fait partie des "Abou", ces fondateurs de l'Organisation de Libération de la Palestine et du Fatah avec Yasser Arafat au début des années 60. Mais si "Abou Mazen", aujourd'hui âgé de 69 ans, appelait avec eux le 1er janvier 1965 à la révolution palestinienne, il fut aussi l'un des premiers à prôner, dès les années 70, des pourparlers avec la gauche israélienne.
Depuis, Mahmoud Abbas n'a jamais véritablement changé sa position sur le règlement du conflit israélo-palestinien par le dialogue. Il était ainsi en première ligne en 1993 lors de la rédaction des accords d'Oslo sur l'autonomie palestinienne, au point d'en être considéré comme l'"architecte" –il fut d'ailleurs très vexé de ne pas être associé au Prix Nobel de la Paix décerné à Yasser Arafat, Shimon Peres et Yitzhak Rabin.
Contre l'Intifada
Un an plus tard, il regagnait les Territoires autonomes dans le sillage de Yasser Arafat. Numéro deux de l'OLP, il évoluait alors dans l'ombre du vieux raïs, mais toujours avec en ligne de mire la paix avec Israël. Ses condamnations de l'Intifada armée lui ont notamment valu l'hostilité d'une partie des groupes radicaux comme le Hamas et le Jihad islamique. Les Palestiniens les plus sceptiques le voient quant à eux comme "l'homme" des Etats-Unis et d'Israël. Contrairement à Yasser Arafat, Mahmoud Abbas a en effet été toujours considéré comme un interlocuteur valable par George W. Bush et Ariel Sharon.
Au printemps 2003, Yasser Arafat, de plus en plus marginalisé par la communauté internationale, avait ainsi été contraint d'accepter de le nommer comme Premier ministre. Mais, au bout d'à peine quatre mois, Mahmoud Abbas démissionnait de son poste, refusant de diriger un gouvernement formel et reprochant à son vieux compagnon de route sa mainmise sur les services de sécurité. Sa traversée du désert dura environ un an, avant la réconciliation avec le président de l'Autorité palestinienne.
Sur la ligne Arafat
Après le décès de ce dernier, le
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L'héritage Arafat |
Cheveux blancs et lunettes correctrices, il a également tenté de troquer l'image d'austère cacique qui lui colle à la peau par celle d'un dirigeant capable de réaliser les aspirations de son peuple à un Etat indépendant. Se réclamant de l'héritage de Yasser Arafat, il a aussi inlassablement répété qu'il continuerait sur le chemin tracé pour la création d'un Etat indépendant avec Jérusalem comme capitale, pour régler le problème des réfugiés et faire libérer les détenus palestiniens. "Al-Qods (Jérusalem-est) est à nous. Nous sommes engagés à créer l'Etat palestinien avec Jérusalem comme capitale", a-t-il ainsi lancé lors de son dernier meeting électoral. Même si Israël salue sa victoire, le bras de fer avec le gouvernement, Ariel Sharon en tête, s'annonce donc difficile. Comme celui avec le Hamas et le Jihad islamique.
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